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https://www.btobeer.com/images/agenda-evenement-salon/stmalocraftbeerexpo/btobeer-st-malo-craft-beer-expo.pngNous sommes allés à la rencontre de la vingtaine de Brasseurs Bretons qui exposaient au Saint Malo Craft Beer Expo 2018 afin de nous parler de leurs expériences et de leurs passions, et de découvrir quelques tendances et réflexions du moment.

 

Si la Bretagne n'a pas une longue histoire brassicole, la bière artisanale s'est pourtant imposée dans cette région, grâce à une émulation entre entreprenariat et culture festive, dont les plus anciennes brasseries locales ont été motrices, et qui se reflètent, chez les brasseurs bretons que nous avons rencontrés, par l'enthousiasme, l'innovation et l'identité. Avec une petite centaine de brasseries en 2018, une filière bretonne complètement intégrée dans l'économie locale se constitue progressivement, relevant de nouveaux défis tant dans la production agricole et brassicole qu'au niveau de la distribution et de la consommation.

 

Précurseurs

Lorsque l'on parle brasserie en Bretagne, il est inévitable de faire référence aux précurseurs dont Coreff fut le chef de file. En effet, ces brasseries ont permis de redonner aux bretons le goût de la bière et de se l'approprier.

« On est la doyenne des brasseries !  L'histoire a commencé lorsque nos fondateurs, Christian Blanchard et Jean François Malgorn, banquiers mais aussi marathoniens, sont partis aux Pays de Galle lors d'une compétition au début des années 80, et ont gouté à l'issu de la course leur première Ale dans un pub et se sont pris de passion pour la bière» nous raconte Béa de la Brasserie Coreff, qui signifie cervoise en vieux breton « Commencée comme une microbrasserie en 1985, Coreff produit 30000 hectolitres par an et compte presque 50 employés … nous travaillons avec plus de 500 bars sur les 5 départements bretons, dont nous assurons la distribution, l'installation et la sanitation, seuls, pour le moment, notre production c'est d'ailleurs plus de 60% de fûts […] notre ambrée historique est toujours tirée à l'air ».

Les années 90 voient naître les 2 autres grands acteurs de la bière bretonne, la brasserie Lancelot en 1990 qui produit aujourd'hui 40000 hl / an, et la brasserie Britt en 1998, ainsi que la brasserie Sainte-Colombe en 1996 montée par Gonny Everts-Keizer et Henri Everts. « J'ai conçu ma propre salle de brassage et depuis 2010, nos brassins sont chauffés à 80% aux granulés de bois» nous explique Mr Everts. Ayant à l'origine un projet agro-brassicole, il se consacre à présent entièrement à la brasserie et à la distillerie même s'il reste très porté sur les céréales dans ses bières : seigle, blé noir, avoine...

En 1999, c'est au tour de la Brasserie des Abers d'ouvrir ses portes à la pointe du Finistère, que l'on nomme Penn-ar-Bed en breton. « Au bout du monde ou plutôt à son début, car Penn-ar-Bed signifie le début du monde en breton » nous raconte Eric Godet, l'un de ses dirigeants. En 1999 déjà, le projet était réfléchi. En effet, l'entreprise dont dépend la brasserie a été créée en 1936 en tant que distributeur de boisson, ancrée au fin fond du Finistère, la société était autant désireuse de faire découvrir des parfums et des saveurs, que d'enraciner de l'activité au niveau local. Eric Godet est fier d'avoir pu créer 6 emplois à temps plein et d'investir dans une zone où il y a peu d'activité. « Ce qui définit la brasserie, c'est L'esprit finistérien, d'abord une vraie personnalité dans les saveurs de nos bières que dans le dynamisme de notre équipe. Une personnalité très finistérienne mais ouverte, à l'image de Port sale, sur la mer et donc sur les voyages et sur les autres. Au travers de la bière, si on peut faire partager cet état d'esprit, je pense que l'on aura réussi un beau projet professionnel et artisanal. Les brasseurs sont des passionnés qui savent faire partager les richesses de nos territoires. »

« Quand Coreff a commencé, il a fallu rééduquer les bretons à la bière artisanale et aux produits locaux. Nous avons eu la chance d'être aidés par les festivals et les associations bretonnes qui se sont beaucoup développés dans les années 90 dont nous sommes toujours très proches. Lors des festivals, il y a toujours 2-3 personnes de la brasserie, on mouille pas mal la chemise chez Coreff !» explique Béa de la Brasserie Coreff. « Nous ne nous asseyons pas sur nos lauriers : nous avons montés un labo en janvier et tous les jeudis nous faisons de nouvelles recettes et des dégustations, 3 nouvelles bières sont sorties du lot cette année». Aux dernières nouvelles, la Brasserie Coreff devrait créer une « nouvelle brasserie avec une nouvelle bière sous un nouveau nom » à Vigneux-de-Bretagne en septembre 2018.

 

Conversion XYZ

Les années 2010 voient ainsi arriver en Bretagne, comme partout en France, une nouvelle génération de brasseurs aux profils très hétéroclites, au parcours très divers, de jeunes ayant poursuivis leurs études dans l'objectif de brasser, à des passionnés qui décident de tenter l'aventure après parfois toute une carrière dans un autre domaine.

Marie Payet de la Brasserie du Menez Bre – Brasserie de l'Hirondelle, par exemple, s'intéresse depuis 15 ans à la bière. Brasseuse depuis 4 ans, elle a étudié spécifiquement dans ce domaine, puis est partie en Angleterre pour étudier toutes les levures, la caractérisation et la sélection des sources. Passionnée par la dégustation, elle a poursuivi par un master à l'ENSAIA à Nancy et un stage de formation en expert dégustation chez Heineken. « L'intérêt est que l'être humain a un seuil détection très élevé, plus rapide et moins coûteux que des analyses en laboratoire. Dans la brasserie c'est très important pour savoir si l'on peut faire partir une cuve ». Ingénieure qualité et cheffe de projet développement produit dans l'industrie agroalimentaire, avant de redevenir ouvrière brasseuse dans la région nantaise. Par la suite, Marie est tentée par l'aventure du Menez Bre en 2016, tant pour dimensionner, trouver l'identité et mettre en route la brasserie, que pour développer les recettes de sa gamme de bière.

Cyril Maxence s'est également orienté jeune. Brasseur depuis fin 2013 à la brasserie du tonnelier, un nom « retour à la source » en somme : brasseur amateur depuis presque 20 ans ce qui l'avait conduit au métier de la tonnellerie pour finalement devenir brasseur. Tout comme Benoit de la Brasserie du Baril « j'étais dans un lycée professionnel et je faisais mes stages en brasserie, j'ai toujours su que je serai lié à cette activité ».

Dave (« comme le chanteur ! » ;) ) de la Brasserie La Belle Joie était quant à lui Pilote dans l'aéronavale, et brasseur amateur depuis 2005. Cherchant à se reconvertir dans un autre domaine, il saute le pas grâce aux encouragements de son frère. « J'avais besoin de changer de vie, dans un métier tout aussi passionnant, de me remettre en question, j'aime bien les défis et les mener à bien, j'ai besoin d'action, je n'aime pas la routine, tenter de nouvelles choses […] j'ai commencé dans un garage de 15m2, dont 8 était consacré à la brasserie avec des brassins de 80 litres. Aujourd'hui j'occupe un espace de 250m2 et je produits en ce moment 1200 litres par semaine ».

Jean-Yves Jacob de la Bière Rosko, ouverte depuis 2005, voulait développer les débouchés autour de ses activités agricoles et est parti se former en Angleterre afin de créer une Ferme-Brasserie. «  A la base je suis horticulteur, nous avons donc nos vergers, nous sommes devenus une ferme brasserie-cidrerie biologique, ce qui nous permet d'être autonome à 85%. […] je suis fier d'avoir pu me reconvertir après 30 ans dans un métier, et de devenir Paysan-Brasseurs-Cidriers !».

La décision d'ouvrir une brasserie est aussi parfois une question d'amitié, comme Cédric et David de la Brasserie d'Emeraude qui étaient collègues. « Nous avons décidé de nous reconvertir ensemble, David travaillait déjà avec moi dans la maçonnerie » ou comme Matthieu de la Brasserie Uncle, cuisinier de profession « j'ai appris à brasser en Nouvelle Zélande, mon associé s'est formé au Québec, on a de grosses influences des Etats Unis, mais on est une bande de potes qui voyageons beaucoup, on ramène des influences du monde entier, une de nos amies travaille au Palais des Thés, ce qui nous a amené  à faire des bières au thés ». 

 

Economie Locale / Opportunité Locale

Que ce soit en ville, en pleine campagne ou au fin fond du monde, l'implantation d'une brasserie dans une commune permet généralement un regain d'activités, de par les échanges entre producteurs et acteurs locaux, les emplois créés, ou bien par les animations, même si elle est encore aujourd'hui un défi pour ceux qui décident de s'installer.

« On voulait s'installer dans cette commune (Lacassis dans le Morbihan), cela a mis du temps car il y avait plusieurs interlocuteurs à la mairie, mais on est parvenu à un accord : la mise à disposition d'un local en échange de sa réhabilitation, qui nous a pris 1 an et demie, et l'apport de nouvelles activités dans la commune. Nous venons de commencer la production il y a 8 mois avec des cuves de 500 et 1000 litres et avons l'optique d'ouvrir un bar « la brasserie de lulu » - comme notre chien, qui est aussi la mascotte de notre logo -  la gamme de bière de la brasserie s'appelle d'ailleurs la Staf » explique Gilles et Sophie de la Brasserie Roy.

Les brasseurs ouvrent d'ailleurs leurs portes très régulièrement au public, « on invite les gens à venir à la brasserie, cela permet aux consommateurs d'avoir une autre approche sur le produit et le métier » nous explique Franck Georgelin de La Guernouillette.

Clément de la Brasserie RZN a choisi de s'implanter au cœur de Rennes fin 2015 avec le désir de réintroduire la culture brassicole dans la ville tout en participant à la vie de quartier, il anime des ateliers de brassage à cet effet. C'est également le cas de la Brasserie Skummen, écume en Breton, « on jouit d'une aura assez sympathique, les gens nous aiment bien, on relocalise la bière, en revendiquant le côté rennais, tout en étant sur des bières plus modernes qui surprennent les gens. On a fait un crowdfunding qui a très bien fonctionné, on avait demandé 15000 euros et on est arrivé à 21000, on en est très fier» nous confie Thomas Clerot son fondateur. Le même constat pour Benoit de la Brasserie du Baril dans le centre de Brest « on est dans le centre-ville ce qui permet aux gens de venir acheter leurs bières directement à la brasserie, ça crée de la vie ! »

Ce dynamisme local passe aussi par la distribution et de plus en plus de professionnels de la restauration et de l'alimentation s'intéressent aux productions des brasseurs. Le développement des circuits courts va également dans le sens de la perception voir de la reconnaissance de la bière comme étant un produit frais.

« On travaille aujourd'hui avec des écaillers qui s'intéressent à la bière, avec des professionnels qui viennent nous voir pour associer la bière à leurs plats, et également avec un affineur de fromages très connu qui travaille avec des chefs étoilés et qui associe la bière au fromage … on sort progressivement du côté réducteur que pouvait avoir la bière» nous confie Erwan de la Brasserie de Cornouailles – Storlok « grand boucan/bazar » en breton (mais aussi le nom d'un groupe de rock bretons des années 70). C'est aussi le constat de Jean-Yves Jacob de la Bière Rosko « il y a plus de brasseurs aujourd'hui donc plus de concurrences mais paradoxalement cela ouvre de nouveaux marchés, les restaurants sont beaucoup plus réceptifs par exemple, on intéresse des gens qui ne l'étaient pas il y a quelques années.  »

« La fierté s'est d'avoir des clients qui sont contents, même de très bon retours, sur la qualité des bières que l'on propose, dans notre secteur,… sur Lacassis il y a pas mal de gens du nord, des Belges, des anglais qui ont des retours très positifs. À présent les restaurateurs nous demande, c'est une reconnaissance » confie Gilles de la Brasserie Roy.

 « On a tout intérêt à développer les circuits courts, et l'économie locale, si on pouvait amener la bière plus directement de la cuve aux consommateurs, on aurait certainement des meilleures qualités en évitant les périodes de stockages et en contrôlant la chaine du froid. Aux Etats-Unis, on considère la bière comme un produit frais. » Erwan – Brasserie de Cornouailles – Storlok

Bien que l'on cherche à oeuvrer pour le local, la renommée vous rattrape et les microbrasseries bretonnes commencent aussi à être reconnue et à s'exporter comme nous le raconte Mathieu de la Brasserie Uncle. « On vend sur toute la Bretagne mais on vend aussi à Paris, Toulouse et Tokyo ! »

 

Une Filière qui s'organise

Les Brasseurs Bretons forts de leurs essors et de la production agricole de la Bretagne, souhaiteraient justement améliorer les capacités de productions locales pour pouvoir produire une bière 100% bretonne, en effet il n'existait pas, par exemple, jusqu'à tout récemment, ni de houblonnières ni de malteries en Bretagne alors qu'elle est l'un des grands foyers de production d'orges et de céréales. 

« Nous souhaiterions à terme pouvoir produire une bière 100% bretonne, de l'orge jusqu'à la verrerie. Au niveau des malts, il y a une niche pour les agriculteurs bretons. Je pense que si les brasseurs bretons de différentes tailles se mettaient autour d'une table, nous pourrions intéresser des agriculteurs, trouver des investisseurs pour créer une filière bretonne, nous aimerions par exemple trouver des financements pour créer une malterie en Bretagne. C'est peut être une utopie, mais il faut avoir des rêves pour peut-être réussir demain à créer une vraie filière tous ensemble. Il faut apprendre à travailler différemment, nous sommes dans une génération jeune, où nous devons apprendre à mutualiser des investissements, à travailler ensemble, et à partager nos réflexions afin de créer quelque chose d'exemplaire » explique Eric Godet de la Brasserie des Abers.

Des initiatives de regroupement pour les achats notamment ont vues le jour depuis quelques années : « Au travers d'une association, nous effectuons des achats communs avec les brasseurs qui le désirent, mais le projet va encore plus loin puisqu'avec les brasseries Lancelot et Britt, nous montons une malterie d'orges bretons à Sierre qui verra le jour en 2019 » précise Béa de la Brasserie Coreff.

Les microbrasseurs bretons sont en tout cas à la fois enthousiastes et pragmatiques à l'idée de bières « made in Bretagne » :

 « On va essayer d'avoir des malts locaux, de valoriser la production locale, c'est une prise de risques car les matières premières que l'on trouve ici n'ont rien à voir avec ce qu'il se fait comme les malts plus traditionnels allemands, anglais… Mais c'est ça notre travail, notre métier !» commente Benoit de la Brasserie du Baril tout comme Dave Brasseur La Belle Joie « J'aimerais utiliser prochainement des ingrédients locaux, malts et houblons, pas pour toute la gamme, mais au moins pour en faire une bière, je ferai avec ce que l'on nous proposera, je m'adapterai à ce qui sera disponible pour en faire une recette ».

« On est très houblon américain et anglais, très parfumé, mais pour les malts on essaye d'être plus local, on a fait notre premier brassin avec du malt breton la semaine dernière et on espère pouvoir faire toutes nos productions avec dans le futur » selon Thomas Clerot  de Skummen.

La demande est donc bien présente et c'est aux offres maintenant à voir le jour « il faut des porteurs de projets » résume Henri Everts de la brasserie Ste Colombe.

 

Productions & Ingrédients

La plupart des brasseurs bretons portent donc beaucoup d'intérêts aux variétés de céréales et aux produits locaux tels les algues et le safran. « On utilise toujours plusieurs céréales, en moyenne 2 à 3 mais pouvant aller jusqu'à 6, et 2 à 5 houblons, j'aime beaucoup les assemblages » explique Jean-Yves Jacob de la Bière Rosko.

« On fait dans l'originalité, on utilise beaucoup les épices et les céréales, l'avoine notamment, il y a deux variétés l'avoine gris et celui doré, très sucré grâce à ses maltoses, dextroses, qui donne d'excellent alcools. Le froment mais aussi le sorgho, le riz, peu de brasseurs en Bretagne l'utilisent » nous explique Franck Georgelinde La Guernouillette, « brasseur psychopathe » comme il se définit, passionné d'assemblages qui a obtenu 2 médailles les derniers mois pour ses bières aux algues. « On utilise presque uniquement des ingrédients locaux : safran, algues,.. ».

L'emploi des algues dans ses gammes est venu assez naturellement à la Brasserie des Abers, née d'une réflexion sur la mise en valeur des produits de la pointe de Penn-ar-Bed et sur la diversification de sa gamme : « Les algues sont liées à l'histoire de notre territoire, il existait une culture de l'algue autrefois, et l'on comptait aussi de nombreux goémoniers (NDLR : pécheurs spécialisés dans la récolte des algues). Les algues faisaient partie du quotidien des finistériens, dans le paysage et par son utilisation, on se chauffait avec les algues par exemple. Nous sommes donc heureux d'avoir pu concilier cet ingrédient local dans une bière qui est une belle réussite sur le plan gustatif ».

L'emploi des houblons et d'ingrédients spéciaux n'est pas non plus en reste, à l'image de la tendance mondiale. « Les dernières années, nous nous sommes aussi concentrés sur le houblon, car les consommateurs sont en attente, et avons ainsi étoffé notre gamme. Mais nous aimons aussi beaucoup utiliser des herbes et épices » poursuit Eric Godet de la Brasserie des Abers.

« On met plus de houblons qu'il y a 10 ans, il faut nourrir le palais comme on dit » Henri Everts de la brasserie Ste Colombe.

« Je suis à la fois sur les houblons et les malts, pour tous les goûts, j'essaye de faire découvrir des houblons peu connus par la technique du dry hopping. Dans nos séries spéciales, j'ai brassé récemment une bière au yuzu et poivre de Sichuan, je connais un botaniste amateur qui m'a fourni en yuzu ! » pour Dave de La Belle Joie.

« On essaye de produire des bières inattendues, en essayant de se faire plaisir tout en espérant faire plaisir aux autres derrières. On utilise du poivre du sichuan, du miel mais parfois la création peut partir d'un nom comme par exemple LaVand'Ale , une ale à la lavande » raconte Cyril  de la Brasserie du Tonnelier.

« On se penche beaucoup sur les levures. On travaille avec plusieurs souches, c'est très intéressant, mais aussi on commence à travailler avec des céréales crues qui donnent d'autres textures, la bière ne passe pas que par les houblons » Benoit – Brasserie du Baril.

De plus en plus de brasseries décident également de se lancer directement en Bio comme La Dilettante ou la très récente Bizhhh. « Toute notre gamme est labélisée bio, c'était une condition personnelle » explique Jean-Baptiste Moreau de La Dilettante.

 

Accessibilité

En fonction des ingrédients utilisés mais aussi de la taille de sa production, le brassage a un coût et la consommation de bière artisanale peut souffrir de par les prix de ventes qui sont parfois élevés en Bretagne comme en France. Plusieurs brasseurs nous ont ainsi donné spontanément leurs opinions sur ce débat qui est complexe tant les bières peuvent être diverses, leurs positionnements et leurs conditions de vente aussi (à la brasserie, en point de vente, ...).

Si pour certains le prix est par nature trop élevé comme pour Henri Evert de la brasserie Sainte-Colombe : « On rend la bière accessible à tous. On voit des bières très chères, des bouteilles de 75cl à plus de 7 euros ; nous venons de passer en bio et nos prix ont très légèrement augmentés de 10 à 20 centimes, nos bouteilles sont vendus 4 euros pour les brassins normaux et 5 euros pour les brassins uniques, ça suffit largement. Je vais me battre pour qu'on ne passe pas pour des voleurs, les gens pensent souvent que si ça coûte pas cher, ce n'est pas bon ». Comme pour Cédric de la Brasserie d'Emeraude « On se prend pas trop la tête sur les prix, on n'est pas très cher, il faut que tout le monde y trouve son compte, la bière n'est pas un produit de luxe […] c'est dommage que des gens qui n'auraient pas beaucoup d'argent ne puissent se payer une bonne bière, il faut essayer de rendre la bière artisanale accessible » .

Pour d'autres, le public ne perçoit pas encore le savoir-faire et le talent mis en œuvre dans une bière,  comme Franck Georgelin de la Brasserie La Guernouillette «Trop de gens sont habitués à des bières commerciales, tant dans les goûts que dans le prix,…, quand on nous dit « 3 euros, la bière, vous vous embêter pas les gars ! », ben si justement on s'embête quand on travaille, on essaye de créer quelques choses qui va étonner les gens, les interpeller ! ... On a d'ailleurs créé un centre de rééducation bierologique pour expliquer les styles de bières car les gens commencent à le demander!».

 « La bière peut rester accessible, il faut trouver un prix qui rémunère correctement le producteur et soit dans une fourchette acceptable pour les consommateurs » synthétise Erwan de la Brasserie de Cornouailles.

 

Les mots de la fin

Les brasseurs bretons que nous avons rencontrés sont à l'image de cette génération hétéroclite (d)étonnante que l'on trouve en France, et l'activité de Brasseurs fait complètement écho aux orientations de notre époque : un entrepreneuriat épanouissant, responsable et à échelle humaine, inscrit dans une économie locale et circulaire.

Que ce soit tout simplement dans la parité, comme confie Marie Payet de la Brasserie du Menez Bre : « J'ai la sensation que dans le domaine de la bière en France, les femmes sont bien représentées, comme beaucoup d'autres secteurs aujourd'hui […] Il n'y a pas de problème à être une femme brasseuse, sur les tâches très physiques, il faut juste trouver quelques astuces ! ».

Dans l'exploration d'alternative comme la bière sans alcool dont Florence Gouriou de La Guernouillette vante les mérites : « on est fier de notre bière sans alcool, il y a une forte demande, et elle peut ne pas passer pour une bière sans alcool ».

Dans la rigueur créative, « il faut être créatif, cela n'empêche pas la rigueur en ayant des bonnes pratiques dans son travail. On continue à se former, on fait appel à des consultants afin de s'améliorer » indique Erwan de la Brasserie de Cornouailles.

Dans le respect de l'Authenticité et des attentes du consommateur, « on cherche à faire des bières authentiques mais qui sont faciles à boire, qui en appelle une autre, ou l'on est pas écœuré » nous dit Jean-Yves Jacob de Bière Rosko. Tout en gardant un certain pragmatisme « on a commencé avec 2 bières, mais on s'adapte aussi à la demande, on fait une bière blanche par exemple car elle nous est beaucoup demandée » indique Cédric de la Brasserie d'Emeraude.

Enfin les brasseurs bretons commencent à s'organiser, tant en essayant d'être un maillon de l'économie locale que dans l'établissement d'une filière régionale : « Je pense que notre filière va davantage se structurer et se développer si nous offrons un produit de haute qualité. C'est comme ça que la brasserie artisanale peut se différencier de la grosse industrie. C'est pourquoi il faut s'entourer de fournisseurs de qualité qui sont aussi passionnés de leurs métiers et le font partager» explique Eric Godet de la Brasserie des Abers. Sans oublier une bonne dose d'humour et le sens de la Fête ! « On n'a pas de Montagnes mais on a une bonne descente » de conclure Matthieu par le slogan de la Brasserie Uncle.

 

Liens :

Brasserie des Abers http://brasseriedesabers.evernet.fr/

Brasserie du Tonnelier http://brasserie-du-tonnelier.fr/

Brasserie Lancelot http://brasserie-lancelot.bzh/

Brasserie Sainte Colombe http://brasserie-sainte-colombe.com/

La Guernouillette http://la-guernouillette.com/

Brasserie Follette http://microbrasseriefollette.fr/

Brasserie Coreff http://www.brasserie-coreff.com/

Brasserie du Baril http://www.brasseriedubaril.com/

Brasserie-Cidrerie Kerav'Ale / Rosko http://www.brasseriekeravale.fr/

Brasserie La Dilettante http://www.brasserieladilettante.com/

Brasserie Uncle http://www.brasserie-uncle.com/

Micro brasserie La belle joie http://www.labellejoie.fr/

Brasserie d'Emeraude https://brasserie-emeraude.business.site/

Microbrasserie RZN https://www.brasserie-rzn.com/

Brasserie de la Bizhhh https://www.facebook.com/Brasserie-de-la-Bizhhh-1249305661879715/

Brasserie L'Hirondelle https://www.facebook.com/Brasserie-LHirondelle-242993219574681/

Brasserie ROY https://www.facebook.com/brasserieroylagacilly/

Brasserie de Cornouaille / Storlok https://www.facebook.com/STORLOKBEERS/

Brasserie Skumenn https://www.skumenn.com/

 

Bonus :

 

 

france biere challenge 2018

Les dégustations du France Bière Challenge 2018 se sont tenues ce vendredi 16 mars à Paris. Cette première édition, organisée par l’équipe du Brussel et du Dutch Beer Challenges, accompagnée d’Elisabeth Pierre et d’Hervé Loux, deux zythologues français reconnus, à l’origine notamment de la version française du diplôme de Beer Sommelier en 2017, est soutenu par les partenaires BtoBeer qui sponsorisent le prix de la « Révélation de l’Année ».

 

Cette compétition, a pour objectifs de promouvoir la diversité et la qualité de la bière artisanale française, et de permettre une émulation du secteur au travers d’un label de qualité décerné par des professionnels.

 

420 bières - 50 dégustateurs - 8 familles de catégories

 

Cinquante experts, venus de 11 pays différents dont 26 français, ont ainsi été réunis dans les locaux des apprentis d’Auteuil, pour gouter plus de 420 bières qui ont été soumises par les brasseurs ces 2 derniers mois, répartis en 8 grandes familles et 30 sous catégories adaptées au marché français : Ale, Lager, Stout/Porter, Bières de blé, Bières avec ajout, Bières rustiques, Bières acidulées/sures et Bières particulières, au total chaque juré aura dû évaluer 35 bières !

 

 

Le challenge, est ainsi l’occasion unique de confronter la bière artisanale française à un florilège d’experts internationaux, et aux tendances et techniques de leurs pays respectifs.
Pour Elisabeth Pierre « Le point fort de ce jury était la mixité entre les origines, c’est-à-dire que il y avait un équilibre entre les juges internationaux qui découvraient complètement les bières françaises et des juges français avec des profils extrêmement variés allant de sommeliers à des cavistes en bière en passant par un chef de cuisine habitué aux dégustations de bières » . Leurs avis pourront ainsi servir de base de réflexions pour les brasseurs français.

 

Si le classement définitif ne sera dévoilé que le 28 mars, nous pouvons vous faire part de quelques échos entendu ce jour-là : des bières au miel très qualitatives et des Ales surprenantes, quand les bières rousses et triples ne semblent pas au niveau attendu à l’international…, par exemple certaines bières seraient un peu sèches et manqueraient de « finish » pour des experts belges, les experts italiens de l’autre côté des Alpes sont quant à eux, habitués à des bières plus parfumées,…
Mais d’une manière générale, « le retour des juges à chaud étaient extrêmement positifs sur cette journée, à la fois sur la partie session dégustation en terme d’organisation, de service, de timing, de répartition des styles, d’équilibre des juges par table, et à la fois au niveau de l’organisation de la journée » nous confie Elisabeth Pierre.

Nous sommes donc impatients de découvrir les résultats et de remettre le Prix de la Révélation de l’Année BtoBeer, rendez-vous le 28 mars !

 

EDIT 28 MARS 2018 :

Le Prix de la Brasserie Révélation de l'année est attribué à la Grizzly Microbrasserie de Clermont Ferrand et à son Brasseur Justin Lott !!!!

Les Partenaires Btobeer ont le plaisir d'offrir à la Grizzly Microbrasserie une palette de bouteilles Verallia, une série d'étiquettes numériques aleatoires Autajon, une étude Packaging Smurfit Kappa, 2kg de Houblons Hop France et des Levures Lallemand!

 

 

Tous les résultats sur le Site du France Bière Challenge : francebierechallenge.fr

Page Facebook de Grizzly : https://www.facebook.com/Grizzly-MicroBrasserie-645013222339623/

Nous profitons également de cet article pour saluer l’engagement et l’application de l’école Hôtelière Sainte Thérèse -  Apprentis d'Auteuil, son équipe pédagogique et ses jeunes apprentis qui ont réalisé un service et un repas très appréciés.

 

 

Avec plus de 150 étiquettes sélectionnées sur une base de près de 2000 photos prises cette année à travers les salons et caves de France (et un peu ailleurs dans le monde), cette seconde édition de notre Best Of est riche en créativité. La preuve du dynamisme des Brasseurs en la matière et de la montée en puissance et en gamme de la bière artisanale.

 

Si l’année dernière, notre sélection parcourait les styles graphiques, nous nous sommes plus intéressées pour ce Best Of aux techniques et aux thèmes des illustrations. Du côté techniques, les découpes d’étiquettes nous ont marqués par leurs originalités, ainsi que l’utilisation novatrice de « beaux » papiers mais aussi les dorures et gaufrages. Du côté illustration, des déclinaisons et détournements de gammes de bières nous ont bien émerveillés et rendus cervalabélophiles (collectionneurs d’étiquettes de bières).

Bien entendu cette sélection n'est pas exhaustive, et puis le packaging et la perception du consommateur ne s’arrêtent pas seulement à l’étiquette mais aussi à son harmonie avec la bouteille, la capsule, d’autres éléments de décors et même son emballage, et puis surtout au contenu de la bouteille !

 

Techniques

 

Dorures :

Mise en valeur d'éléments par le relief.

 

Papiers :

Utilisation de papiers originaux ou texturés

 

Découpes & Formes :

Le "sur-mesure" qui sert à l'identité d'une marque

 

Découpes et Animaux!

 

Etiquettes Transparentes et Sérigraphies

Utilisation des espaces négatifs

 

Des Concepts :

Bouteilles peintes à la main, étiquettes-col, écharpes,... On a eu un coup de Coeur pour le concept du Brasserie du Pays des Lacs, qui nomme ses bières en fonction des lieux à visiter et donne les itinéraires de ballades.

 

Concept - Bouchons :

Des bouchons cheap en plastiques et des bouchons cires

 

Informatifs :

Des présentations sympathiques et ergonomique

 

 

Design

 

Animaux :

On aime beaucoup les variations et détournements de Volcelest

 

Réalisme et Bande Dessinée :

De belles illustrations de différents styles

 

Créatures et fantastiques :

Lutins, Fées, Trolls et autres personnages

 

Grunge et Urbain :

Un coup de cœur pour les gammes de La Débauche et Zoobrew

 

Design et Géométrie :

Utilisation des lignes et des espaces négatifs.

 

Post-Moderne et Crafts :

 

Photographiques et Arts :

On aime ou on aime pas, l'utilisation de photos ou d'œuvres d'art sur les étiquettes.

 

Rétro :

Vintage

 

Dark, Goth :

Côtés obscurs

 

Iconiques :

Icones et Symboles

 

Co-Branding, Histoire & Géographie :

Des bières qui s'inspirent de leurs patrimoines locales, d'un lieu ou d'une époque, et des bières qui s'associent à des entités et artistes locaux pour des éditions spéciales.

 

 

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Dossier Créer une Etiquette de Bière :

 

Partie 1 : Obligations Légales

Partie 2 : Aider et Eduquer le Consommateur !

 

Histoire de la Bière à Marseille

 

 

Histoire de La Bière à Marseille, des Alsaciens, de la mise en place de la fermentation basse industrielle, des brasseries aux microbrasseries, de la bière noire au polar.

 

Il est des villes dans le monde où la petite et la grande Histoire flirtent aux détours des rues et des places, où chaque lieu et bâtiment pourraient devenir historiques, ou le début tout du moins d’une aventure grâce à l’effervescence des flux humains ; Marseille est l’une d’elle. C’est en nous intéressant à notre domaine, la Bière, que Marseille nous a raconté ses heures d’or qui ont changé pour toujours le cours,-et les process-, des Brasseries dans le monde. Des Brasseurs Alsaciens en Provence à la mise au point industrielle d’un système frigorifique à absorption de gaz,-pour la première fois dans le monde, permettant un contrôle de la fermentation basse dès 1859 par Velten-, en passant par la grotte de la Valentine et le renouveau de la microbrasserie aujourd’hui, nous vous proposons un voyage dans le temps via planète Marseille !

 

 

I - Des Alsaciens à Marseille

 

Au cœur de Marseille, la cours de la Cité de la Musique est en travaux : la Halle Velten, d’une superficie de 1000m2, va bientôt rouvrir, le centre social s’agrandit et bientôt résonneront pas de danses et figures sportives. En interrogeant les ouvriers présents sur d’éventuelles traces d’équipements brassicoles d’un autre temps, la plupart reste circonspect. Il faut dire que cela fait longtemps que le nom de Velten n’évoque plus rien. Effectivement, il ne reste aucun indice ici de l’illustre passé de cette famille d’origine Alsacienne à Marseille et de ses activités. La Halle, dernier vestige de l'usine Velten et des Brasseries de la Méditérranée, est déjà à sa deuxième reconfiguration depuis la construction de la Cité de la Musique en 1990 et que l’on perd les traces des derniers vestiges (cuves,…) à cette époque. Le fronton énigmatique « E.V. » ne donne aucun indice sur l’activité passée et les innovations majeures qui ont eu lieux : la mise en place de la première installation frigorifique industrielle de Ferdinand Carré en 1859, de surcroît pour la Bière, permettant la maîtrise « industrielle » de la fermentation basse, et ouvrant l’ère des brasseries et des microbrasseries.

 

 

Marseille connait en effet depuis le 17ème siècle une effervescence entrepreneuriale, grâce à un essor commercial sans précédent, ayant reçu la gestion unique du commerce français avec les pays du Levant (Proche-Orient) et de Barbarie (Maghreb) en 1599, mise en situation de monopole par son statut de Port Franc de 1669 et par un édit de 1685, interdisant aux marchandises du Levant d'entrer dans le royaume par un autre port. Sa situation est renforcée également par les blocus anglais sur les côtes nord. Grâce au commerce transocéanique avec l’Amérique du Sud et les Antilles au 18ème siècle, puis les Colonies, Marseille s’impose jusqu’en 1870 comme le premier port Méditerranéen et d’Europe (avant d’être dépassée par Hambourg, Anvers et Rotterdam). Marseille est ainsi un épicentre qui attire des populations venues de toute la France et de l’étranger pour tenter leur chance. En 1788, 58% de la population n’est pas originaire de la ville. Il faut dire aussi que Marseille a été décimée plusieurs fois par la peste, notamment en 1720 où l’on compte 38000 victimes sur 75000 habitants. La ville a ainsi des besoins démographiques et de main d’œuvres importants. Ici, le brassage de culture est de mise depuis très longtemps !

 

C’est dans ce contexte que des artisans Alsaciens, notamment, s’installent dans le sud et à Marseille, poussés par une pression démographique commencée vers la fin du 18ème siècle en Alsace puis par les contextes économiques (emplois, manques de terrains,…). Portant avec eux toute une gamme de savoir-faire… Il manquait en effet au sud de la Loire une production très importante : celle de la Bière ! Peu prisée dans le sud à cette époque, la principale production locale étant le vin, également en situation de monopole à la vente à Marseille. Ainsi en 1778, Jean-Chrétien Hay fit le pari d’ouvrir la première brasserie du sud de la France à Arles avec un entrepôt à Marseille, annoncée dans les « affiches de Provence » du 23 mai 1779 :

« Il nous manquait cette branche de commerce en Provence et la consommation de la bière qui est devenue considérable, faisait sortir de la Provence des sommes immenses. Le sieur Hay vient de former deux établissements qui nous dispensent de recourir chez l’étranger. Il a établi une brasserie à Arles, où il compose deux sortes de bières, de la double à la simple ; cette dernière est plus blanche que l’autre et en même temps plus légère. Il en a établi un entrepôt à Marseille afin que les différents endroits soient à portée de se pourvoir… »

 

En moins de 10 ans, Hay, associé à son gendre André Siffermann, commença à produire également dans Marseille, rue Curiol, et l’on pouvait acheter sa bière du format Bouteille, de 10 à 12 sols (environ 1,5 euros en pouvoir d'achat 2017), à la Barrique, de 15 à 60 livres (de 45 à 180 euros environ).

Il faut dire qu’entre le renouveau de la population, l’activité portuaire et le commerce maritime, la bière est entrée dans les nouvelles habitudes de consommation locale, chez les marins et dans les factoreries (comptoir-manufacture). La raréfaction des cargaisons hollandaises due à la Guerre d’Amérique de 1778, la difficulté de production à cette époque dans les pays chauds, et la position idéale de ce port, entre nord et sud, qui permet d’obtenir les meilleurs produits, - des orges de Provence et de Tunisie et des houblons de Flandres et d’Allemagne-, étaient des facteurs pouvant également inspirer un brasseur…

 

 

Un mémoire de la Chambre de Commerce de 1805 signale le nouveau goût des Marseillais pour la bière et insistait également sur les « exportations considérables » faites vers les Indes, le Levant, la Barbarie et l’Amérique des bières venu surtout d’Angleterre ou de Hollande et transitant par le port. En effet, la production locale, assez faible, est essentiellement consommée sur place et sa qualité est jugée moyenne à cause d’une eau trop calcaire et à un climat défavorable à la conservation.

En 1814 sous la restauration, on compte 5 brasseurs de faible importance en ville dont un nouvel arrivant, Jacques Velten originaire de Brumath. Avec ses associés, puis ses successeurs,-Eugène, Edouard et Geoffroy Velten-, il va jeter les bases d’une entreprise sans commune mesure avec celles de ses prédécesseurs : la Bière Velten future Brasseries de la Méditerranée.

 

 

De la fermentation basse aux systèmes frigorifiques : Bière de Mars toute l’année!...

 

Confronté à un climat défavorable et porté par les derniers procédés et découvertes industrielles, le fils de Jacques, Eugène Velten décida de résoudre le problème de qualité de la bière dans les années 1850. D’abord en filtrant et en faisant bouillir l’eau, puis en s’intéressant à la fermentation basse et aux procédés de refroidissement.

A cette époque, la « maitrise » de la technique de la fermentation basse a vu le jour grâce aux recherches de l’autrichien Anton Dreher en 1841 sur la bière lager, et de l'allemand Joseff Groll en 1842 sur la bière pils. Tous deux inspirés par les techniques de brassage impliquant le refroidissement et le stockage au frais. En effet, cette technique connue depuis le XVème siècle par les Bavarois n’était possible que dans les régions à la fraicheur favorable et ce juste une partie de l’année. La fermentation basse nécessite en effet l'adjonction des levures dont l'activité est optimale à des températures basses, entre 9-22°C et idéalement à 10-15°C. Cette technique protège la bière contre les bactéries et les champignons et lui confère une durée de conservation supérieure. La fermentation basse nécessite également une période de stockage de plusieurs semaines. D’ailleurs, en allemand le mot Lager veut dire "stocker".

 

 

« La bière de Bavière est mise comme on le verra en fermentation à une température très basse. Les celliers où l’on conserve la bière de garde sont généralement taillés dans le roc ou creusés dans des formations moins dures sur les flancs des collines et maçonnés à l’intérieur. On y maintient toujours une température basse ce qui dispose la bière à se garder et à s’améliorer. Ils sont munis de doubles portes de cheminées d'aérage (ndlr : aération) qu'on peut fermer et ouvrir à volonté [...] Il y’a deux sortes de bières de Bavière à savoir la bière d’hiver ou de débit (winter bier ou schankbirr) qu’on fabrique dans les mois d’octobre novembre mars et avril et la bière d’été ou de garde (sommerbier ou lagerbier) qui se fait dans les mois de décembre janvier et février où le froid est le plus intense. Pour la Bière d’hiver on refroidit le moût jusqu’à 12°C tandis que pour celle d’été on descend jusqu à 8°C. C’est à dire que c’est à ces températures qu’on introduit les moùts dans la cuve-guillloire. »

Nouveau Manuel Complet du Brasseur – Riffault, Verganud et Malepeyre – 1853

 

 

Les progrès industriels vont également très vite. En 1834, Jacob Perkins invente la première machine frigorifique fonctionnelle. En 1851, est mise en place dans une brasserie australienne la machine de réfrigération à compression de vapeur de James Harrison. En 1856, Jean-Louis Baudelot, génial inventeur brassicol, met au point un réfrigérateur tubulaire destiné à refroidir le moût sortant des chaudières de brassage. Au même moment Charles Tellier crée la première machine frigorifique à circulation de gaz ammoniac liquéfié pour produire du froid à usage domestique et industriel reprise et améliorée par Ferdinand Carré, avec sa « machine à glace » - le Réfrigérateur à absorption de gaz. Edmond Carré, très précoce, travaillait sur le refroidissement depuis très jeune. A l’âge de 17 ans, en 1850, il inventa un procédé de réfrigération à base d’eau et d’acide sulfurique. La différence entre les deux techniques, compression et absorption, réside dans la façon de transformer le gaz en liquide : le premier utilise la compression mécanique tandis que l’autre utilise des fluides réfrigérants et absorbeurs qui font offices de compresseurs à l’échelle moléculaire.

 

 

Ferdinand Carré, après avoir fait ces essais de machines chez les frères Tourtel à Tatonville en 1857, -qui testaient à cette époque les dernières techniques dont le maltage pneumatique-, proposa sa machine à Eugène Velten, qui en la combinant à la chaudière fermée du brasseur parisien Karcher, améliora par la même occasion la Touraille de la chaudière en 1859.

 

 

Collaborant également avec Pasteur, Velten introduisit dans sa fabrication ses dernières découvertes. Permettant ainsi la production de tous types de bière toute l'année! (Bière de Mars et de Saisons toute l'Année*... *brassées en hiver, elles ont besoin de conditions de fraîcheur optimum et même si la Bière de Mars est de fermentation haute... ;) ).

 

 

Avec une production annuelle de 100 000 hl, plus de 500 employés, obtenant la Médaille d’Or à l’exposition de Paris en 1878, puis le Grand Prix en 1900, la Brasserie Velten, vendu en tant que Brasseries de la Méditérrannée par Geoffroy Velten en 1881 pour se consacrer à la politique, allait devenir l’une des plus importantes firmes industrielles à Marseille et l’une des principales brasseries du sud de la France du début du XXème.

« A Marseille, M. Velten a beaucoup perfectionné cette industrie, qui jusque-là n'avait existée dans cette ville que dans de très mauvaises conditions, et donné que des produits très-inférieurs. M. Velten est arrivé à fabriquer en toute saison des bières excellentes, qui peuvent rivaliser avec les bières allemandes pour la limpidité et avec les bières anglaises pour la durée. M. Velten donne à ses bières la propriété de se conserver, grâce à l'emploi du système Pasteur, c'est-à-dire en les refroidissant à l'abri du contact de l'air, et en employant de la levure préparée dans les conditions recommandées par M. Pasteur. C'est le gaz acide carbonique qui sert à M. Velten à mettre ses bières à l'abri de l'influence des germes atmosphériques, mais les appareils qu'il emploie diffèrent de ceux de M. Pasteur, que nous avons décrits. »

Les Merveilles de l’Industrie – Louis Figuier – 1873

 

 

 

Ferdinand Carré fort de cette expérience marseillaise, vendit sa Machine à Glace qui produisait de 12 à 100 kg de glace à l’heure. Elle rencontra un fort succès en France, en Europe et aux Etats-Unis où plus de 600 brasseries étaient équipées du système Carré à la fin des années 1860 et ce malgré la guerre civile américaine.

 

II La Grande Epoque

 

Portées par ce nouvel élan, les Brasseries, dont Velten, ouvrent et parrainent des cafés et des brasseries-restaurants dans le centre-ville, sur la CanneBière et le vieux port, participant à une mode biérophile et alsacienne à Marseille. Un guide de l’époque «  Histoire anecdotique des cafés de Marseille » d’Horace Bertin recense plus de 51 établissements : A la Brasserie du Père Tocquet rue de la glace par exemple, où l’on consomme à même des tonneaux des bières noires produites à Marseille, devint un lieu tendance et de mixité sociale ; ou bien par exemple à la Taverne Alsacienne aux allées de Meilhan où le public se presse pour admirer « de Gentes Alsaciennes », les serveuses en cornettes et tabliers blancs, et pour s’essayer à la choucroute qui sera adoptée par les Marseillais. Ces établissements participent à l’embellissement de la ville, au développement des spectacles en accueillant saltimbanques et cabarets, et à l’augmentation de la consommation de bière qui passe de moins de 1 litre à plus de 12 par habitants en moins de 100 ans…

 

 

De cette belle époque Birophilo-Alsacienne à Marseille, ne reste que quelques établissements comme la Brasserie des Templiers, ouverte en 1896, où l’on sert toujours de la choucroute, ou la Brasserie de Lyon qui sous l’œil du Gambrinus Marseillais accueille biérophiles et autres oiseaux de nuits. On dit ici de cette brasserie que l’«on sait comment on en est parti mais que l’on ne sait plus comment on y est arrivé »…

 

 

Cette seconde partie du 19ème siècle est également marquée par l’ouverture de Brasseries qui perdureront des décennies et deviendront mythiques dans le sud dont Phenix, Marx, Velten, Zenith.

En 1875 s’ouvre la Brasserie Geismar qui deviendra en 1924 la Brasserie du Zenith et qui produisait entre autres les bières Zénia, Bière Bock, Zener Brau, Zenith Export Lager, Zenith 57, Scotch 57,…

 

 

La Brasserie Phocéenne ouverte en 1876 deviendra par la suite la Brasserie Marx et commercialisa la Hahnenbräu et la Victory Beer.

 

 

En 1886, la Brasserie-Malterie Le Phénix se reconstitue, issue de la Brasserie Suisse de 1872 mise en place par des helvétiques établis depuis longtemps dans Marseille, devenue la Brasserie et Malterie Moderne de la Valentine en 1881. Phénix reprend les installations de la Valentine aux Trois-Lucs dans le nord-est de Marseille qui est installée à proximité d’une source ;

 

 

 Obtenant du financement pour des équipements indispensables compensant « les graves erreurs dans les installations techniques » révélées par l’expertise de l’usine en 1885. Si les débuts furent difficiles, en quelques années la société afficha ses premiers bénéfices et pu acheter son usine et les terrains qui abritaient sa source et qui hébergeaient sa « cavalerie » pour convoyer les chargements de la Brasserie dans Marseille. Il parait que les convois comptaient parfois des attelages de 36 chevaux !!!

 

 

La source de la Valentine ne devenant plus suffisante, Phénix acquit successivement 4 autres sources dont celles de la Jouvène et du lac souterrain de la grotte Monnard. Cette dernière assurait un débit de 60 à 120m3 l’heure, soit 1,5 à 3 millions de litres par jour, et on s’en servit pour la fabrication jusqu’aux années 60 avant de n’être plus utilisée que pour le lavage des bouteilles.

Mise à jour lors du percement du canal de Marseille en 1848, rendue visitable grâce au percement par une carrière voisine d’une cavité faisant communiquer les différents réseaux en 1888. Devenue une attraction touristique pour les premiers spéléologues amateurs du 19ème siècle qui traversaient ses différentes salles et son lac, à 60 mètres de profondeur, à la lueur d’une bougie, la grotte Monnard émerveillait et était qualifiée de « véritable féerie de stalactites en choux fleurs, d’une blancheur immaculée » ; jusqu’à ce que l’on découvre la grande pureté de son eau, parfaite pour brasser et mettre Phénix à l’abri de ses besoins en eau. Située à 3km de l’usine, elle est reliée par un canal souterrain profond de 5,5 à 49 m nommé Galerie Phénix.

 

 

Fleuron du monde souterrain Marseillais, la grotte Monnard est complètement oubliée aujourd’hui, pillée par des collectionneurs peu scrupuleux, ayant servi d’abri pendant la seconde guerre mondiale et menacée par les mouvements de terrains, ses derniers vestiges se trouvent sous un jardin public des Trois Lucs.

La Bière Phénix rejoint l’Union des Brasseries en 1969 puis le groupe Heineken en 1988. La marque Phénix dernière représentante d’une époque glorieuse s’éteint au début des années 90. Grâce à des investissements massifs pour moderniser le site à la fin des années 80, la Valentine pouvait produire le ¼ de la production industrielle française, fournissant tout le sud de la France, avec des bières comme la 33 export, le Panach’ et son Monaco, la bière Amstel ainsi que la bière Heineken, que le site produit toujours. Dernière venue de la gamme, la nouvelle marque régionale La Phénicienne de Heineken qui ressuscite en somme l’esprit du lieu, avec une Pils à 4,5%. Il faut dire que l’emblème du Phénix trône encore dans le bâtiment.

 

 

La concurrence locale, nationale et internationale fût la cause de rachats et de fermetures de toutes les grandes brasseries de la belle époque de Marseille.

 

 

III Le Renouveau des Microbrasseries Marseillaises

 

Le renouveau, après quelques tentatives dans les années 90-2000, vient avec la nouvelle génération de microbrasseurs établis depuis cette décennie, Marseille en compte actuellement trois : la Brasserie de la Plaine, la micro-brasserie la Minotte et la Bière Part’Faite.

La Brasserie de la Plaine, débarquée en juin 2013 dans le quartier du même nom, est la plus ancienne représentante dans Marseille. Débutée à deux, la Brasserie compte aujourd’hui 4 collaborateurs. Commencée avec une gamme très classique, Blonde, Blanche, Ambrée et une IPA, la Brasserie de la Plaine a aujourd’hui développé plusieurs gammes : les classiques (Blonde, Blanche Ambrée et la Violette), les spéciales (IPA et Houblonnée à Crue), et les séries dont la première est une série noire avec une Black IPA mettant en avant des malts torréfiés et dont le nom et la couleur rappellent à la fois l'Histoire et les histoires de Marseille... Essayant d’utiliser le maximum d’ingrédients bios surtout pour les céréales, trois des recettes de bière de la brasserie de la Plaine sont certifiées Bio.

Le développement de la Brasserie est très local, ses bières sont bien distribuées dans ce quartier jeune et animé de Marseille qui compte également de nombreux nouveaux bars où l’on sert à la pression ses Punks IPA. Les cafés-bistrots, plus anciens, sont parfois plus difficiles à convaincre. Ailleurs en ville, mis à part les caves à Bières, on trouve également des bières locales dans les magasins régionaux et de fooding. La brasserie touche tout le monde, jeunes comme plus anciens : « une vielle dame envoie son fils nous prendre son pack de 6 de Weed IPA toutes les semaines ! » (Certainement nostalgique des heures de gloire de Marseille….) nous expliquent les brasseurs...

 

Ouverte en 2015, la Minotte de la microbrasserie Minot prend à la fois son nom dans le surnom donné aux enfants en Provence - lui-même faisant référence à une ancienne mesure de grain, la mine, dont le minot représentait la moitié, analogie de l’enfant tel une « moitié » d’homme - et rappelle les minoteries, les moulins modernes. Ayant démarré dans un petit local d’à peine 45m2 aux pieds de la Bonne Mère, avec un petit budget de 20000 euros dont une partie provenait d’une campagne de crowdfunding, la brasserie vient de se réinstaller en septembre 2017 dans un plus grand espace afin  d’accroitre sa production et de passer progressivement de 250hl à plus de 900hl, mais aussi de pouvoir accueillir du public tous les jours, en ouvrant un espace cave et dégustation.

Les brasseurs de la Minotte adorent utiliser des ingrédients additionnels et produisent 13 à 14 bières différentes. Leurs dernières expérimentations jouent avec le gingembre, la mangue, le beurre de cacahuète, le cacao, la myrtille ou bien le miel. Cette large gamme est également possible grâce à l’utilisation de plus petites cuves, format provenant des conditions d’origines de la brasserie, permettant le brassage de plusieurs types de bières par semaines.

 

Créée également en 2015, la Brasserie des Suds qui produit la Bière Part’Faite, est dans une démarche participative, comme une « Part’ie » de son nom l’indique, et d’économie circulaire afin d’être au plus proche de ses consommateurs et de son environnement. Ayant eu recours à un financement participatif, les recettes originelles, Kölsch-style ale, Altbier et Weissbier ont été élaborées avec le concours de plus de 300 personnes. Les brasseurs s’inspirent de plus des principes de la biodynamie et adorent jouer avec les levures pour leurs nouvelles créations : IPA, Triple,...

 

Les ingrédients bios et locaux sont privilégiés. La brasserie est à l’initiative de Houblon Urbain Marseillais qui est un projet participatif de culture en ville ayant mobilisé 41 familles en 2017, ainsi qu’une ferme et des jardins pédagogiques. Avec 100 pieds de houblons Glacier et Chinook, sélectionnés pour leurs adaptations au climat méditerranéen, près de 2 kilos de fleurs ont été récoltés au mois de septembre permettant de brasser plus de 500 litres de la “BHUM”, la “Bière au Houblon Urbain Marseillais”, et ce malgré les intempéries et la canicule de cet été, les parasites, sans oublier le mistral. La Part’Faite essaye aussi de limiter son impact environnemental, en réduisant sa consommation d’eau, en utilisant de l’huile de friture pour chauffer ses brassins et en traitant ses déchets, en donnant par exemple ses drèches aux animaux d’une ferme.

 

La Provence compte bien entendu une petite scène active d’autres microbrasseries comme La Sulauze, Aquae Maltae… Sans compter sur les marques locales comme La Cagole, la Bière de l’OM, ou la Phénicienne, ou sur les bières à façons de restaurateurs et producteurs locaux…

 

Vous pouvez retrouver ces brasseries au Festival des Bières Artisanales PBC qui se tient chaque année au mois d’avril à Marseille, à La Friche La Belle de Mai.

 

 

Source/Bibliographie

Ferdinand Carré : janinetissot.fdaf.org/jt_carre.htm

Histoire de la réfrigération : quid-tegestophile.over-blog.fr/article-de-l-histoire-aux-techniques-47592100.html

Merveilles de l’industrie - Louis Figuier - 1877 : gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k246705

Manuel Complet du Brasseur - Amand-Denis Vergnaud - 1838 : gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6274643p?rk=21459;2

Nouveau Manuel Complet du Brasseur – Riffault, Verganud et Malepeyre – 1853

Louis Pasteur. Papiers. I — REGISTRES DE LABORATOIRE ET CAHIERS DIVERS. I-CVI Registres de laboratoire. LXIII-LXXVIII Recherches sur la bière. LXXV Correspondance Velten : gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9080081z/f2.image.r=velten

 

Phénix : cielmonsite.pagesperso-orange.fr/biere/biere.htm

Phénix : thebeerlantern.com/phenix/

Grotte de la Valentine : tourisme-marseille.com/fiche/la-brasserie-phenix-brasserie-de-la-valentine-heinecken-marseille/

RP-50300-FR : Ville de Marseille - 13 - Route des Trois Lucs à la Valentine - Avis du BRGM sur la cartographie existante des zones instables – BRGM - Juin 2000 : infoterre.brgm.fr/rapports/RP-50300-FR.pdf

Excursions en Provence – Notice sur les Grottes Monnard - Paul Ruat

La Phénicienne : rayon-boissons.com/A-LA-UNE/Heineken-etoffe-son-offre-de-bieres-regionales-et-artisanales-41938

La Phénicienne : maltsethoublons.com/2016/02/16/heineken-joue-la-carte-terroir-et-biere-de-specialite/

Reportage sur la Brasserie de la Valentine : youtu.be/J1XcTodkPxA

 

Archives de la CCI Marseille :

A la Valentine un modernisme à la gloire de la « 33 export » - Hier et Demain n° spécial – 1979

Ces grottes que l’on oublie – Philippe Meron – Le Meridional – 8 janvier 1991

1778 : Gambrinus à Marseille – Pierre Echinard - Le Méridional – 3 octobre 1993

La Valentine brasse pour Heineken – Jean-Luc Crozel – Le Meridional – 5 novembre 1993

1886 : Phénix déploie ses ailes – Pierre Echinard - Le Méridional – 16 juin 1996

 

Projet Halle Velten : marseille-renovation-urbaine.fr/uploads/media/LettreProjetVELTEN_BAT.pdf

Histoire anecdotique des cafés de Marseille - Horace Bertin – Bellue – 1869 : gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k855357h

Histoire universelle de Marseille - Alèssi Dell’Umbria – Edition Agone – 2006

Marseille pour les Nuls – Pierre Echinard, Edmond Echinard, Médéric Gasquet-Cyrus – Pour les Nuls – 2013

Au temps des factoreries – Raymond Vacquier – Editions Karthala - 1986

Histoire de l’immigration en PACA aux XIXe et XXe siècles - Yvan Gastaut : hommesmigrations.revues.org/226

Histoire des faits économiques – Jérôme Buridant et Arcangelo Figliuzzi – Edition Breal – 2007

Calcul de la Valeur des choses dans le temps : www.histoire-genealogie.com/De-la-valeur-des-choses-dans-le

 

Liens :

La Plaine : brasseriedelaplaine.fr

La Minotte : minot-brasserie.fr

Part'Faite : partfaite.fr

Houblon Urbain Marseillais : Plan - Actualités

Cave Cane Bière : la-cane-biere.fr

Cave Fietje : fietje.fr

Cave Victor : victor-biere.com

Aquae Maltae : aquaemaltae.over-blog.com

Sulauze : brasseriedesulauze.com

Fesivale Bière Artisanale PBC : provencebiereconnexion.com

 

 

« Ce petit livre sera, sans doute, trouvé incomplet par beaucoup de gens. On ne manquera pas de dire par exemple, que j’ai laissé de côté bien des cafés plus curieux et plus anciens que ceux dont je parle. J’accepte d’avance le reproche, et je saisis même l’occasion pour ajouter que je n’entends nullement m’attribuer le mérite d’avoir épuisé un sujet aussi vaste et aussi varié. Mon seul désir est que cette histoire sans prétention de nos principaux cafés de Marseille puisse être utile, un jour, à un historien plus habile, et lui serve à recomposer un des côtés pittoresques de notre cité ».

Horace Bertin - Histoire anecdotique des cafés de Marseille - 1869 

 

btobeer couleurs om marseille bieresVincent Ferrari – BtoBeer – Mars 2017 - mise à jour Octobre 2017

Un Remerciement Spécial à Mr Jeanjean et à Mariama K.

 

Bonus :

 

 

 

BtoBeer et ses partenaires étaient invités hier, jeudi 27 octobre, à la Brasserie Artisanale de Bourgogne "BAB" de Chagny (Saône-et-Loire) lors d’une session de formation qu’elle organise pour de futurs brasseurs.

Les stagiaires et nos partenaires,-Autajon, Gai France, Smurfit Kappa et Verallia-, ont ainsi pu échanger sur les aspects matériels et techniques, de la production et de la commercialisation de la bière

Cette formation « Créer une brasserie artisanale ou micro brasserie "bio" - maîtrise de la production » donne la capacité de créer et maitriser la fabrication et la commercialisation de la bière, s’appuie sur le référentiel du D.U. Opérateur de Brasserie et est animé par les fondateurs de la BAB ainsi que par d’autres intervenants professionnels.

Les échanges B2B avec les stagiaires ont été intéressants pour les partenaires de BtoBeer et pour les stagiaires qui ont pu avoir ainsi et en direct, toutes les réponses aux questions qu’ils avaient déjà répertoriées et avoir à leurs dispositions dans le futur les adresses de professionnels compétents pour répondre à de nouvelles questions qui ne manqueront pas de se poser.

 

 

Nous remercions vivement toute l’équipe présente hier et restons à la disposition de tous les stagiaires pour toutes informations et besoins complémentaires.

 

Lien formation : http://www.lesavoirfaire.fr/fiche-stage.php?package_id=1480&compteur=oui&ts=2

Lien BAB : http://audacieuse-bab.com

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