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Inventée il y a plus de 6000 ans par les sumériens, la bière est la plus ancienne boisson alcoolisée de l'Histoire, mais elle ne constitue pas pour autant la première source d'alcool. Produit naturel issu de l'activité des levures, l'éthanol existait déjà sur Terre bien auparavant, et les primates en consommaient déjà il y a 10 millions d'années. Mais les levures elles-mêmes ne sont pas responsables de l'apparition de l'alcool. Son «invention» est en réalité à mettre au compte… des étoiles !
L'alcool, un produit du cosmos
Aux milieux des pulsars et autres super novas qui défient notre imagination, il existe en effet des nuages interstellaires renfermant des molécules organiques, dont l'éthanol ! C'est l'américain Ben M. Zuckerman de l'Université de Californie qui en a fait la découverte en 1975. Le cœur de ces formations massives, qui peuvent atteindre 1000 fois la taille du soleil, agit en fait comme une « distillerie du cosmos », où les grains de poussière servent de catalyseurs à des réactions entre l'hydrogène moléculaire, l'eau (H2O) et le dioxyde de carbone (CO2) pour former des molécules plus complexes, telles l'éthanol (C2H6O). Flottant quelque part au-dessus de nos têtes, on retrouve ainsi dans l'espace des immenses nuages pouvant contenir des quantités faramineuses d'alcool.
Le nuage G34.3, découvert en 1995 par une équipe de chercheurs anglais utilisant le radiotélescope James Clerk Maxwell à Hawaii, est à ce jour le nuage le plus alcoolisé que l'on connaisse. Situé dans la constellation de l'Aigle, il contient assez d'éthanol pour servir 40 millions de milliard de pintes, soit une pinte à chaque être humain, chaque jour… pendant 1 milliard d'années ! Ce nuage moléculaire n'est pas unique, Sagittarius B2 dispose par exemple de dix milliards de milliards de milliards de litres d’alcool (méthanol et éthanol) !

Le nuage interstellaire G34.3 (Crédit : NASA/JPL-Caltech/STScI)
Une idée certes alléchante mais plutôt risquée, puisqu'on y retrouverait entre autres du méthoxyméthane (C2H6O, un isomère de l'éthanol), du formiate de méthyle (C2H4O2), de l’éthylène glycol (C2H6O2), du cyanure d'hydrogène (HCN) ou encore du monoxyde de carbone (CO). En tout, on y a identifié 32 espèces chimiques différentes, l'éthanol étant la plus importante.
S'il reste donc peu probable d'y goûter un jour, il est cependant possible que ces cocktails finissent leur voyage sur la Terre ! En effet, les grains de poussière qui contiennent ces composés se rapprochent ensuite de l'étoile en formation au centre du nuage. Sous l'effet de la température, ils libèrent alors leur contenu, qui passe dans la phase gazeuse. Si la grande majorité reste dans le nuage (d'où l'impressionnante quantité d'éthanol constatée), une petite partie peut en rejoindre l’extérieur, où ils vont être incorporé à des amas de poussière froides. Ces derniers peuvent ensuite former des comètes, qui vont être dispersées aux quatre coins de l'univers. C'est notamment ainsi que les premières molécules organiques seraient arrivées sur Terre. L'éthanol, que l'on rattache aujourd'hui à un plaisir récréatif, est donc intiment lié à la formation des étoiles, et même à l'apparition de la vie !

En 2014, des scientifiques ont formellement identifiés des sucres et de l'éthanol dans la composition de la la comète Lovejoy (C/2014 Q2), du nom de on inventeur Terry Lovejoy... Lorsque vous dégusterez votre prochaine cuvée, levez donc les yeux vers le ciel et ses réserves inépuisables d'alcool…
Le 22 février 2017, l'étoile d'un système planétaire est nommé Trappist-1 en référence au télescope Trappist (TRAnsiting Planets and PlanetesImals Small Telescope) au Chilli opéré depuis la Belgique par Michaël Gillon de l'Université de Liège pour rappeler l'origine Belge du projet. Il serait susceptible d'abriter la vie...
Ref :
www.nytimes.com/1995/05/30/science/alcohol-laden-cloud-holds-the-story-of-a-star.html
adsabs.harvard.edu/full/1995MNRAS.273...25M
arxiv.org/abs/1507.03580
espace-temps.blogs.nouvelobs.com/archive/2014/12/02/l-homme-et-l-alcool-une-histoire-vieille-de-10-millions-d-an-548877.html
spaceref.com/news/viewpr.html?pid=19472
sciencedaily.com/releases/2015/10/151024092534.htm
sciencesetavenir.fr/archeo-paleo/l-evolution-humaine-a-ete-acceleree-par-l-alcool_112696?utm_medium=Social&utm_source=Facebook&fbclid=IwAR2ivtULAt7PGLOPmFjI_FmvgFXdDdYJ9YILHWjsIRujPu81qzgbVr0nW6U#Echobox=1566220820
Bonus :
V.F.
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Utilisés depuis la nuit des temps (les celtes en mettaient déjà dans leurs tonneaux), les sulfites sont aujourd'hui les conservateurs les plus répandus. Plus connus de nos jours sous les dénominations allant de E220 à E228, ils sont des outils quasi-indispensables pour nos amis vignerons, et sont aussi présents dans la fabrication de la bière. Cependant, ils sont récemment remis en cause et accusés de nombreux maux, notamment de tête. Mais avant de s'en méfier et de les bannir définitivement, il convient de bien comprendre leurs effets, leurs fonctionnements et les différentes solutions qui existent pour ceux qui veulent s'en passer.
Les sulfites, des conservateurs multifonction
Les ions bisulfites HSO3 et ses dérivés,-H2SO3 et SO32-, ont de nombreuses propriétés qui expliquent leurs usages si fréquents. S'ils sont connus pour leur caractère antioxydant, ils ont en effet plusieurs actions, notamment en ce qui concerne la bière. En plus d'être parfois utilisé lors du touraillage et du stockage des différents ingrédients, on le retrouve en effet à différentes étapes de la fabrication de la bière :
- ils peuvent réagir avec les chloramines, présentes dans l'eau du robinet à des fins sanitaires. Si le chlore s'évapore facilement, les chloramines, elles, sont plus dur à éliminer, tout en ayant le même goût désagréable de médicament à fortes concentrations (si votre eau a toujours une odeur de chlore après décantation, c'est que vous avez un problème de chloramines). Les tablettes de Campden (metabisulfites de potassium) permettent de s'en débarrasser (au même titre que le charbon actif).
- ce sont aussi des agents anti-microbiens, qui peuvent être utilisés comme tels lors du brassage
- ce sont aussi des inhibiteurs enzymatiques. Cet aspect concerne cependant plutôt les vignerons, qui doivent faire avec certaines bactéries non désirées. Les sulfites leur permettent de mieux contrôles les différentes réactions enzymatiques.
- ils peuvent prévenir la formation de composés désagréables en réagissant avec les aldéhydes responsables. Les 2-trans-nonenal, qui donnent un goût de carton à la bière, peuvent en effet être transformé via l'ajout de sulfites, de préférence à la mise en bouteille (pour éviter qu'ils réagissent avec d'autres composés antérieurement).
Formation d'hydroxysulfonate par réaction de sulfite sur un aldéhyde
- en tant qu'antioxydant, ce sont de bons outils pour lutter contre l'oxydation. Si la bière est en général moins exposée à l'air que le vin, certains brasseurs amateurs peuvent avoir des difficultés à protéger leur produit tout au long de la fabrication. L'ajout d'une faible dose de sulfites à la mise en bouteille peut donc être une solution.
Les sulfites sont donc des conservateurs bien pratiques, qui répondent à bon nombre de problèmes rencontrés par l'ensemble des brasseurs. Ils ne sont cependant pas sans inconvénients, et son notamment soumis à une législation stricte en ce qui concerne la bière.
Les effets sanitaires : ce qu'en dit la loi
Si les sulfites sont utilisés depuis des siècles, ce n'est que récemment que ses effets sur la santé sont passés à la loupe. De manière générale, ils ne sont en effets pas dangereux pour la santé, mais leur utilisation un peu partout (viandes, soupes, sodas) a conduit les instances à légiférer. Depuis 1994, il existe ainsi un seuil de sulfites autorisés. Alors que la dose maximale recommandée est de 50mg par jour, le taux maximum autorisé est de 20mg/L pour la bière, et 50mg/L pour les bières non filtrées. À titre de comparaison, ce taux monte à 150mg/L pour le vin rouge et 200mg/L pour les vin rosés et blancs. On reste encore loin des 400mg/L observés chez les fruits secs…

(source des données : WineFolly)
De plus, il est obligatoire de mentionner la présence de sulfites si leur concentration dépasse 10mg/L. Certaines personnes (environ 0,25 % de la population française) sont en effet intolérantes aux sulfites, qui provoquent chez elles des démangeaisons, douleurs abdominales ou crises d'asthme. Il n'est cependant pas obligatoire de faire figurer la concentration exacte de sulfites sur les étiquettes des bouteilles de bière (ou de vin). Il faut aussi noter que les levures produisent une faible quantité de sulfites (à partir du sulfate). Cette quantité sera trop faible pour dépasser les limites autorisées, mais elle peut dans certains cas atteindre le seuil des 10mg/L, imposant ainsi une mention de « présence de sulfites ».
Les sulfites ne sont pas indispensables
Face à une demande croissante du public pour des produits sans conservateurs, de plus en plus de producteurs cherchent à réduire leur utilisation de sulfites. S'ils restent quasi-indispensable pour les vignerons, c'est loin d'être le cas dans le domaine de la bière. Les sulfites sont certes un moyen simple et efficace de répondre à divers problèmes, mais il existe d'autres solutions.
Pour ce qui est de l'oxydation, il est possible de la prévenir en réduisant au maximum le contact avec l'oxygène une fois la fermentation primaire terminée. Évitez par exemple d'avoir trop d'espace libre dans votre fermenteur (ou alors remplissez les de CO2 ou N2). On peut aussi réduire les risques lors des transferts en diminuant la taille et la violence des chutes, et éviter tout éclaboussement. Ou encore éviter toute fuite d'air lors de la mise en bouteille, notamment en utilisant des machines de qualité à l'exemple de celles équipées du bec Unica de GAI France, qui réduit quasiment à 0 l'apport d'oxygène.
De plus, il est possible de se passer de sulfites en comptant simplement sur ceux produits par les levures. En augmentant les quantités de sulfates ou en baissant la température de fermentation, on peut en effet augmenter la production de SO2 endogène. Vu que les quantités de sulfites utilisées par les brasseurs sont relativement faibles, celui produit par les levures est en général suffisant.
Quant à l'usage de sulfites sous forme de tablettes de Campden afin de dé-chlorer son eau, on peut à la place utiliser un filtre à charbon actif.
Les sulfites sont donc des outils efficaces, que ce soit en tant qu'antioxydant à proprement parler ou bien en prévenant la formation des composés affiliés à l'oxydation de bière. Mais pour ceux qui souhaiteraient s'en passer afin de présenter un produit « sans sulfites » (comme on peut le voir avec le développement du vin naturel), il existe bel et bien des solutions alternatives.
Ref. :
- http://www.scielo.br/scielo.php?script=sci_arttext&pid=S0103-90162016000200189
- http://www.viticulture-oenologie-formation.fr/vitioenoformlycee/reglementation/pratiqueoeno/reglement-ue-vin-bio-2012-11-e.html
N'hésitez pas à nous laisser un commentaire ci-dessous
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Dans notre première partie, nous avons vu quelles étaient les mentions obligatoires à apposer sur vos étiquettes, dans cette seconde partie nous aborderons les autres informations qui sont utiles surtout en France, ou une éducation des consommateurs est nécessaire

Température ambiante ou spécifique
- Nombre d'unités d'alcool (1 unité = 10g d'alcool pur)
Le verre qui convient le mieux à votre bière, à votre région : Ballon, Calice, Chope, Flute, Tulipe, Weize,…
et éventuellement la manière de servir ou le niveau de mousse idéal.
Type d'accompagnement culinaire, saveurs,…
- Informations Nutritionelles : calories,...
Triple, Porter, IPA, Stout, Sour,… parfois il est intéressant de montrer aux consommateurs que la bière c'est plus de 380 variétés et leurs origines.
Vous pouvez également en profiter pour décrire l'aspect visuel, l'odeur et les flaveurs de la Bière à l'image de ce que recommande Cyclops Beer au Royaume-Uni.
- Couleurs de Bières :
Plus que Blonde, Rousse ou Brune, quelle est la couleur de votre bière ?
Ces couleurs sont « standardisées » selon le degré Lovibond (SRM) ou EBC (European Brewery Convention) Il se mesure en calculant l'atténuation de la lumière traversant 1cm de bière.
Couleur |
SRM |
EBC |
Type de Bières |
|
2 |
4 |
Pale lager, Witbier, Pilsener, Berliner Weisse |
||
3 |
6 |
Maibock, Blonde Ale |
||
4 |
8 |
Weissbier |
||
6 |
12 |
American Pale Ale, India Pale Ale |
||
8 |
16 |
Weissbier, Saison |
||
10 |
20 |
English Bitter, ESB |
||
13 |
26 |
Biere de Garde, Double IPA |
||
17 |
33 |
Dark lager, Vienna lager, Marzen, Amber Ale |
||
20 |
39 |
Brown Ale, Bock, Dunkel, Dunkelweizen |
||
24 |
47 |
Irish Dry Stout, Doppelbock, Porter |
||
29 |
57 |
Stout |
||
35 |
69 |
Foreign Stout, Baltic Porter |
||
|
40+ |
79 |
Imperial Stout |
|
70 |
138 |
Imperial stout |
Degré de filtration, « résidus » éventuels
Soit exprimée textuellement soit avec le critère IBU (International Bitterness Unit) qui mesure les agents d'amertume du houblon, les isohumulones qui stabilisent également la mousse : une part par million (ppm) d'isohumulone (acide Þ) = 1 IUB. Plus la quantité d'IBU est élevée plus l'amertume de la bière est importante.
Le degré Plato (°P) peut également être une donnée intéressante, il exprime l'équilibre entre le sucré et l'amer.
En parallèle, vous pouvez également décrire la douceur/sucrosité de la bière, et aussi son acidité comme le proposait l'Iris du goût au Canada.
Les ratios BU:GU - Amertume/Densité et celui d'amertume relative - RBR pourrait être également de meilleurs indicateurs pour les amateurs d'amertume!
Température de conservation et position idéale de conservation (coucher/debout)
La Capacité de Bonification dans le temps, ou le potentiel de conservation sans dégradation.
Donnez envie d'en savoir davantage : votre brasserie, votre bière, vos autres productions, votre région, vos traditions, votre Légende,…
et aussi votre site internet, vos profils sur les réseaux sociaux et autres...
1ère Partie - Créer une Etiquette de Bière : Les Obligations Légales
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Les opérations de productions et de nettoyages dans les activités brassicoles génèrent de grandes quantités d’effluents. Les matériaux utilisés, notamment dans la cuverie, peuvent avoir une incidence organoleptique importante, mais les coûts de nettoyage et de traitement des effluents et leurs effets environnementaux doivent aussi être pris en compte.
L’electropolissage est une technique de polissage et d’ébavurage réalisé grâce à un courant électrique qui érode les ions métalliques des pièces même les plus complexes. En les plongeant dans un bain électrolytique, les aspérités à haute densité de courant sont érodées préférentiellement et proportionnellement au courant appliqué.
Après avoir retiré ces microporosités, le métal révèle sa structure cristalline en présentant une surface nivelée et brillante. Au-delà du côté esthétique, ce sont surtout ses propriétés de nettoyages et de résistance qui sont grandement améliorés.

(source : Electropolissage des Aciers Inoxydables – Euro Inox, Série Matériaux et Applications, Volume 11)
Une Conception Hygiénique réduisant l’impact environnemental.
Une étude* de 2008 des Chambres d’Agriculture de Dordogne et de Gironde évaluait la pollution des différents types de cuves utilisés dans des chais (Béton, Bois, Revêtement epoxy, fibre de verre, inox 2B et inox electropoli). Plus la quantité et l’adhérence des dépôts sur les parois sont fortes plus la quantité d’eau nécessaire au lavage est importante, l’importance des dépôts entraine également une plus grande pollution des eaux de lavages. L’inox electropoli, ou recuit, apparait dans cette étude comme étant le matériel nécessitant le moins d’eau et entrainant le moins de pollution, avec des variations allant de 1 à 4 avec les autres matériels.
Volume d’eau utilisés et charges polluantes par type de cuve (extrait - *Choix des Récipients Vinaires – A. Desenne, J.M. Maron, J.M. Jacob - 9/4/2008) :
|
Type de Cuve |
Importance des Dépôts |
Résistance au Décollement |
Volume d’eau utilisé (l/100 hl) |
Flux de Pollution (g de DCO/100 hl) |
|
Béton Brut |
Forte |
Forte |
133 |
1567 |
|
Bois |
Forte |
Forte |
107 |
1808 |
|
Inox 2B |
Moyenne |
Moyenne à Forte |
101 |
1040 |
|
Inox electropoli |
Faible |
Faible |
34 |
672 |
Si l’incidence organoleptique n’est pas la même pour les matériels d’embouteillages, les problématiques environnementales sont similaires. L’utilisation de l’inox electropoli , grâce à ses propriété antiadhésives, anticontaminantes et à la facilité de nettoyage, contribue à la diminution des risques de contaminations microbiennes ainsi qu’à la réduction de la quantité de produits d’hygiènes employées, les pièces en contact avec les liquides devant recevoir une sanitation après chaque utilisation.
Inventaire des principaux faux goûts liés au manque d’hygiène ou au matériau :
|
Odeurs - goûts |
Origine |
Causes |
|
Rance |
Bactérien |
Hygiène de la cuverie, béton brut, support basique |
|
Butyrique |
Bactérien |
Fermentation et/ou hygiène de la cuverie |
|
Moisi |
Champignons, Botrytis |
Végétal et/ou hygiène de la cuverie |
|
Animal |
Brettanomyces |
Raisin et/ou hygiène de la cuverie |
|
Croupi |
Bactérien |
Hygiène de la cuverie |
|
Styrène |
Chimique (polyester stratifié) |
Absence d'étuvage de la cuve |
|
Aldéhyde benzoique (odeur de punaise, amende amère) |
Chimique (Epoxy) |
Risque de solvant dans la composition de l'époxy |
(source : Electropolissage des Aciers Inoxydables – Euro Inox, Série Matériaux et Applications, Volume 11)
(source - Choix des Récipients Vinaires – A. Desenne, J.M. Maron, J.M. Jacob - 9/4/2008)
Renforcement de la dureté de l’inox et de sa résistance à la corrosion.
Le choix de GAI France pour l’utilisation de l’inox electropoli dans ses machines d’embouteillages et d’étiquetage s’inscrit directement dans ces préoccupations d’hygiène et d’environnement, par l’emploi de matériaux limitant le dépôt et l’accrochage des particules.
De plus le renforcement de la dureté de l’inox par electropolissage augmente également sa résistance à la corrosion et donc la longévité des pièces et machines traitées, allant dans le sens du développement durable.
L’usine GAI traite elle-même les pièces de ses machines, disposées sur des présentoirs, elles sont par la suite trempées dans différents bacs.
GAI France s’engage ainsi dans l’amélioration du système de management environnemental de ces clients par sa certification ISO 14001 dont la démarche est d’Innover, de Diminuer les dépenses et d’anticiper les risques environnementaux.
Voir le catalogue GAI France
Visiter le site GAI France
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Choisir son eau de brassage est une étape importante dans la réalisation d'une bière. Elle constitue tout de même 90 % du produit, et présente autant de diversité que les autres ingrédients. Douce, claire, minéralisée, dure ou alcaline, elle influe sur la couleur de la bière ainsi que sur son goût. Historiquement, les différents types de bières ont ainsi été déterminés par les eaux dont elles sont originaires. Aujourd'hui, le choix de l'eau de brassage est devenu partie intégrante du procédé de fabrication. S'il s'agit avant tout de choisir une eau qui répond à certains critères indispensables, il est aussi possible de jouer sur les différentes propriétés de l'eau. Réveillez le chimiste qui dort en vous !
L'eau, un ingrédient historique
Pour définir les propriétés d'une eau, on utilise plusieurs outils. Tout d'abord, le pH, qui mesure l'acidité (et/ou l'alcanilité). Principalement contrôlé par les ions carbonates, il est crucial dans l'action des levures. Le pH du brassin doit se trouver entre 5,2 et 5,8 à température ambiante (il diminuera ensuite au cours des différentes étapes, la bière ayant un pH aux alentours de 4,4). Trop élevé, il provoque des effets indésirables comme l'extraction des tanins de l'enveloppe du malt, donne une amertume agressive ainsi qu'un goût de malt peu prononcé et une couleur plus sombre. Trop faible et cela nuit au bon fonctionnement des enzymes, ce qui diminue le corps de la bière.
En plus des ions carbonates, le calcium et le magnésium jouent aussi un rôle important dans les différentes réactions. Leur quantité est mesurée par la dureté en mg/L ou ppm (parfois en degré français), qui représente les teneurs en calcium, magnésium et carbonates. Ces deux paramètres donnent une première mesure de la qualité de votre eau.
| Caractère |
Dureté en ppm (mg/l) |
| Très Douce |
0-50 |
| Douce |
50-100 |
| Modérément dure |
100-200 |
| Dure |
200-300 |
| Très Dure |
300 et plus |
D'un point de vue géologique, l'eau est peu minéralisée là où le sol est granitique (Bohême, Vosges), à l'inverse les pays calcaires (riches en CaCo3, ou carbonate de calcium) donnent des eaux dures, à forte concentration en carbonates et en calcium. Les paysages géologiques ont ainsi joué un rôle déterminant dans l'établissement des spécificités territoriales. Pour se rendre compte de leur impact, il suffit en effet de jeter un œil aux eaux des villes à traditions brassicole.
Tableau 1 : en mg/L
| Ville | HCO3 | Ca | Mg | Na | CI | SO4 |
| Pilsen | 15 | 7 | 2 | 2 | 4 | 5 |
| Westvleteren | 310 | 114 | 10 | 139 | 145 | |
| Dublin | 319 | 118 | 4 | 12 | 19 | 54 |
| Paris Sud | 238 | 93,7 | 2,6 | 7,1 | 22 | 18,4 |
| Rimouski | 225 | 53 | 12 | 5 | 4 | 4 |
L'eau de Pilsen par exemple, réputée pour ses très faibles concentrations en sels minéraux, est utilisée pour une bière douce. De l'autre côté du spectre, les eaux plus riches en carbonates sont associées aux malts foncés.
Plus que le goût des consommateurs locaux, c'est donc bien souvent les différentes qualités de l'eau qui ont façonnés les terroirs historiques. À tel point que les brasseurs qui cherchent à reproduire le profil d'une bière commencent tout d'abord par reproduire l'eau de la ville qui lui est associée. Mais il possible d'aller plus loin, en créant un profil d'eau sur mesure pour la bière recherchée. En ce domaine la méthode « essais - erreurs » est encore la règle, puisque les autres paramètres sont nombreux, mais une bonne connaissance des différents effets de l'eau vous permettra déjà de réduire grandement votre quête de « l'eau idéale ».
Le profilage de l'eau : la chimie du goût
Après s'être bien évidemment assuré d'avoir une eau potable, plusieurs concentrations sont à prendre en compte. Il existe en effet six ions qui ont un effet notable sur la bière.
Les ions Carbonates (HCo3) :
Ce sont eux qui contrôlent l'acidité, un taux élevé entraînant une faible acidité (c'est-à-dire un pH plus élevé). La concentration en ions carbonates est donc directement liée au choix de malt (ceux-ci étant acides), afin de rester dans la fourchette 5,5 < pH < 5,8. Pour des malts clairs peu acide, on utilisera ainsi des faibles concentrations, tandis que des bières foncées iront de pair avec des concentrations plus importantes pour contrebalancer l'acidité du moût. Généralement, les concentrations idéales varient entre 0-50 mg/L pour les bières blondes; 50-150 pour les bières ambrées et 150-250 pour les bières brunes.
On retrouve ainsi les correspondance précédentes. Un malt clair de Pilsen utilisé avec une eau très carbonatée comme celle de Dublin donnerait une maische trop peu acide, tandis que le brassin obtenu avec de l'eau de Pilsen couplée à des malts foncés aurait un pH trop bas. La concentration en ions carbonates est donc l'un des principal facteur concernant la couleur de la bière.
Il est possible de contrôler le taux de carbonates de plusieurs façons, soit en précipitant le carbonate de calcium (par ébullition ou ajout d'eau de chaux), soit en ajoutant de l'acide.
Les ions Calcium (Ca) :
Les ions calcium ont plusieurs rôles. Ils sont nécessaires à l'activité des enzymes, et permettent ensuite de stabiliser la bière en floculant les levures. Il augmente aussi l'acidité du brassin en réagissant avec les phosphates du malt. Des concentrations entre 50 et 150 mg/L sont à favoriser, le gypse (CaSO4) étant généralement utilisé comme source de calcium.
Les ions Magnésium (Mg) :
Chimiquement similaire au calcium, ils participent eux aussi à la dureté de l'eau et acidifie l'eau, mais dans une moindre mesure. À forte dose (> 50 mg/L) ils donnent un goût aigre et astringent à la bière, voire des effets laxatifs et diurétiques au-delà (> 125 mg/L). En présence d'un fort taux de sulfate, le magnésium peut former du sel d'Epsom qui donne une amertume déplaisante.

Magnésium vu au microscope
Le Sodium (Na) :
Typique des porters, le sodium apporte du corps et de la rondeur à la bière. Attention, en grande quantité (< 200 mg/L) il peut donner un goût salé peu agréable.
Le Chlorure (Cl) :
Lui aussi permet de parfumer la bière an accentuant notamment le goût du malt, mais ses effets à forte dose (< 180 mg/L) se révèlent très problématiques, puisqu'il peut provoquer l'apparition de chlorophénol au goût médicamenteux. L'excès de chlorures peut provoquer à haute dose la floculation des levures. Utilisé pour des raisons sanitaires, le chlore peut être éliminé par le chauffage de l'eau, l'aération de l'eau, ou bien le passage sur charbon actif.
Le Sulfate (SO4) :
Lui aussi influe beaucoup sur le goût de la bière, mais à l'inverse du chlorure il favorise l'amertume du houblon. Sa concentration est donc à choisir en fonction du profil de houblonnage, entre 10 et 50 mg/L pour les blondes légères, entre 30 et 70 mg/L pour les bières communes, voire 120 mg/L pour des bières plus houblonnées. À titre d'exemple, l'eau de Burton-on-Trent à l'origine des India Pale Ale a des taux de sulfates montant jusqu'à 900 mg/L !
Les différentes concentrations permettent ainsi de façonner l'expression du goût de la bière. Mais si la plupart du temps, ces concentrations peuvent être prises séparément, ce n'est pas toujours le cas ! Par exemple, les carbonates ainsi que le calcium (et dans une moindre mesure, le magnésium) interviennent tous les deux dans le calcul de l'acidité du brassin. De manière directe pour les carbonates, et indirecte pour le calcium (en réagissant avec le malt). C'est pourquoi l'eau de Dortmund, pourtant riche en carbonates, convient à des bières légères grâce à sa grande teneur en calcium, tout en ayant un fort taux en sulfates qui vient renforcer l'amertume.

Tableau 2 (valeurs en mg/L) :
| Ville | HCO3 | Ca | Mg | Na | CI | SO4 |
| Londres | 104 | 52 | 32 | 86 | 34 | 32 |
| Burton | 820 | 352 | 24 | 44 | 16 | 880 |
| Dublin | 220 | 225 | 40 | 60 | 60 | 120 |
Profils d'eaux de brassage de styles bières populaires :
| Style de bière | Calcium mg / l | Magnésium mg / l | Sulfate mg / l | Chlorure mg / l | Alcalinité résiduelle ° dH |
| Ale | 50-150 | 0-25 | 100-200 | 50-100 | 0 à 5 ° dH |
| American Pale Ale, IPA américaine | 50-150 | 0-20 | 100 à 400 | 0-100 | -3-0 ° dH |
| Bière Blanche | 50-100 | 0-25 | 0-50 | 0-100 | -3-0 ° dH |
| Bière blonde / Pils Allemande | 50-75 | 0-20 | 50-150 | 50-100 | -5-0 ° dH |
| Bière Brune | 50-100 | 0-25 | 0-100 | 50-100 | 10 ° dH |
| Bière de blé | 50-100 | 0-20 | 0-50 | 50-100 | 5 à 10 ° dH |
| Bière de mars | 50-75 | 0-25 | 0-100 | 50-150 | 0 à 5 ° dH |
| Bière légère | 50-100 | 0-25 | 100-200 | 50-100 | -5-0 ° dH |
| Bières belges | 50-100 | 0-20 | 50-100 | 50-100 | 0 ° dH |
| Bock | 50-75 | 0-20 | 0-100 | 50-150 | 5 à 10 ° dH |
| IPA anglaise | 50-150 | 0-25 | 100 à 300 | 50-100 | 0 à 5 ° dH |
| Lager | 30-50 | 0-20 | 0-50 | 50-100 | -3-0 ° dH |
| Pils | 0-30 | 0-20 | 0-50 | 0-50 | -2-0 ° dH |
| Porter | 50-75 | 15-35 | 50-150 | 50-100 | 2-7 ° dH |
| Stout | 50-75 | 15-35 | 50-150 | 50-150 | 5 à 10 ° dH |
| Stout impériale russe | 50-75 | 0-25 | 50-150 | 50-150 | 8 à 15 ° dH |
Dure, claire, carbonatée et/ou sulfatée, il donc existe une infinité de profils d'eau, qui donneront chacun une identité propre à la bière.
L'ajout d'additifs (sel, gypse, craie, sel d'Epsom…) ou le traitement préalable de l'eau (filtrage, ébullition, décantation) ouvrent ainsi un énorme champ de possibilités pour le brasseur qui veut faire parler le chimiste qui dort en lui. Attention cependant, le dosage peut se révéler compliqué. Les différentes interactions entre le métabolisme des levures, la composition de l'eau et la chimie du malt sont en effet difficiles à anticiper, et certains traitements donneront sans aucun doute des résultats inattendus.
En France, vous pouvez connaître le profil de votre eau via orobnat.sante.gouv.fr/orobnat et sa potabilité via solidarites-sante.gouv.fr/sante-et-environnement/eaux/eau.
Le brasseur aventureux devra donc passer par de nombreux essais (et erreurs !), mais rien ne remplace l'expérience personnelle et la mise en commun des résultats pour ceux qui aiment sortir des sentiers battus. Quant aux plus prudents, ils pourront toujours se référer à une fiche de calcul préétablie comme on peut en trouver ici. Quoiqu'il en soit, la première étape reste d'établir le profil de son eau. Ces derniers sont en général disponible en mairie, ou auprès des compagnies de distribution. Si ces dernières se montrent récalcitrantes, il est aussi possible de faire analyser son eau par des laboratoires.
À noter que la présentation des profils d'eau diffèrent selon variables utilisées (alcalinité, dureté, en ppm ou en degrés français…) et difficile à déchiffrer pour les néophytes, voici donc un guide détaillé (en anglais) pour y voir un peu plus clair : braukaiser.com/wiki/index.php?title=How_to_read_a_water_report
Autres Liens :
Profil eau de France (officiel) : orobnat.sante.gouv.fr/orobnat
Profil de Rimouski (Québec) : bdj.maximecloutier.com/references/profil-deau/
Potabilité de l'eau : solidarites-sante.gouv.fr/sante-et-environnement/eaux/eau
Outil de brassage - Profil eau de brassage : littlebock.fr/outil-brassage/calculateur-eau-brassage
MàJ 2020 - Profil d'eau de brassage selon la ville (France) : https://www.moneaudebrassage.fr
V.F.
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- Catégorie : Conseils et techniques
L’emballage occupe une situation centrale dans la transmission de la chaine de valeurs de l’entreprise. Un packaging doit satisfaire un grand nombre d’exigences ou de fonctions, entre autres la reconnaissance du produit dans les stocks des plateformes de distribution mais surtout sur les linaires, où cette reconnaissance favorise l’acte d’achat et la fidélisation au produit. Il ne faut pas oublier aussi que le consommateur n’a que quelques secondes pour décider l’achat.
Un bon emballage comporte aussi un coté séduction et transmet bien d’autres valeurs : esthétisme, praticité, “eco-friendly”, valeur de la marque et de son éthique.
L’emballage valorise aussi l’acheteur et le consommateur par le biais de leurs besoins d’accomplissement, d’appartenance, d’estime de soi, et de sécurité,
Choisir un emballage carton pour bouteilles de bière et la communication imprimée demande donc quelques réflexions et connaissances.
D’une manière générale et légale, on distingue quatre types d’emballages :
1 - L’emballage primaire (souvent une Unité de Vente Consommateur UVC) Il est au contact du produit. Dans le secteur de la bière on trouve des bouteilles en verre, des cannettes, céramique, ..
2 - L’emballage secondaire (peut être aussi une UVC : carton compact, carton ondulé, ..)
3 - L’emballage d’expédition (dans le cas des Prêts A Vendre il est aussi un support de vente : Carton Ondulé, ..)
4 - L’emballage de transport (charges palettisées ou en Boxes ou Emballages de présentation sur les lieux de vente)

Emballage Secondaire & Emballages d'expéditions et de Transports des Bouteilles (Modulo) - Crédit : Smurfit Kappa
Chacun de ces types d’emballage pouvant être un :
A - Emballage à usage unique (one way) ou réutilisé plusieurs fois
B - Emballage Actif pour améliorer la conservation du produit contenu et son intégrité
C - Emballage Intelligent et actif avec la particularité de donner de l'information sur le produit, sa température, le respect de la chaine du froid, son origine, la sécurité du produit et sa conformité, et enfin l’assurance que le produit contenu est bien celui promu par l’habillage.
Chacun de ces types d’emballage devant répondre à quatre niveaux d’exigences:
I - Technique et logistiques :
- Protéger l’intégrité du produit contenu de la lumière, des contaminations de toutes sortes, et des chocs et surcharges sur les circuits logistiques.
- Permettre l’encaissage et la mécanisation
II - Commercial et Marketing :
- Être reconnu dans les stocks, les plateformes et par identifié par le consommateur sur les linéaires. Un produit non reconnu crée des ruptures de présence sur les linéaires, pertes de vente.
- Informer, communiquer, séduire, le consommateur, être un avocat muet du produit et de la marque.
- ….
III - Environnemental et légal :
- Respecter les législations en cours, ECO-Conception,
- Favoriser le choix de matériaux réellement recyclables,
- Utiliser la juste quantité de matériau en surface et en poids.
IV - Usage : utilisateurs intermédiaires et consommateurs finaux :
- Permettre l’ouverture facile
- Permettre la remise à plat pour l’évacuation vers le recyclage de la matière première.
Dans le secteur Brassicole, les plus grandes variétés de packagings se situent parmi les emballages secondaires.
Parmi eux on distingue :
- les cavaliers se clipsant sous les capsules (collerettes, neck-lock, carriers)
- packs, hyper-pack, multi-pack de 2 à 48 bouteilles (packs plus ou moins fermés) (dont les Calendriers de l'Avent Bière)
- les coffrets et autres emballages premium
- les packagings fantaisies
- les packagings a offres multiple ou conjointes : bouteilles + verres, bouteilles et sous-bocks, bouteilles et objets publicitaires, offres conjointes (Bière + Picon), .....
Galerie d'Emballages Cartons :




























































































Nous aborderons ces différents types d'emballages utilisable en brasserie dans nos prochains articles :
I - Les Collerettes, Clips, Poignées et autres Emballages Portables
II - Packs, Hyper-Packs, Multi-Packs
Hors-Série : III - En Avent la Bière! La vague de fond des Packagings Calendriers de l’Avent
IV - les Coffrets et Autres Emballages Premiums
V - Présentoirs de Comptoir pour la Bière
Retrouvez tous les emballages cartons dans le catalogue Smurfit Kappa
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- Catégorie : Conseils et techniques
Le conditionnement de boissons carbonatées ou fermentées en bouteilles en verre impose un ensemble strict de mesures destinées à garantir la conformité mécanique du contenant, la stabilité du bouchage et la sécurité opérationnelle. Le verre, matériau amorphe présentant une résistance intrinsèque élevée mais sensible aux défauts de surface, doit être manipulé selon des procédures rigoureuses pour éviter toute amorce de rupture susceptible d’entraîner une défaillance sous pression interne.
1 - Contraintes mécaniques et comportements du verre sous pression
1.1 - Pression interne et limites mécaniques
La résistance à la pression d’une bouteille est définie par :
- sa géométrie (profil du corps, rayon d’épaulement, épaisseur des zones critiques),
- la qualité du verre (homogénéité, absence d’inclusions),
- les traitements de surface internes et externes,
- l’absence de défauts mécaniques superficiels,
- et la stabilité dimensionnelle du goulot (indispensable au bon sertissage).
Les pressions usuelles observées en bière (2,0 à 6,0 bar à 20°C) doivent être comparées à la pression nominale de résistance de la bouteille, généralement mesurée en test d’éclatement (burst test).
Un défaut de surface de quelques microns peut abaisser la résistance mécanique de 30 à 70 %, selon sa nature et sa localisation.
1.2 - Modes de rupture
Les ruptures peuvent être :
- circonférentielles → généralement causées par surcharge interne ou défaut de tension dans le corps,
- longitudinales → fréquemment liées à un choc ou rayure verticale,
- localisées au fond → défauts de moulage, amorces thermiques, inclusions,
- localisées au goulot → déformations, chocs, mauvais sertissage.
La plupart des ruptures sont précédées par une micro-fissuration due à une agression mécanique initiale.
2 - Agressions de surface : nature, risques et prévention
2.1 - Rayures
Les rayures constituent un affaiblissement majeur. Elles se produisent :
- sur convoyeurs métalliques non lubrifiés,
- sur guides mal réglés,
- lors de frottements bouteille/bouteille.
Une rayure profonde peut réduire la tenue mécanique jusqu’à entraîner une rupture instantanée lors du sertissage.
2.2 - Chocs
Le verre est particulièrement sensible aux impacts ponctuels (chocs Hertzian).
Les chutes ou collisions provoquent des micro-fractures invisibles à l’œil nu, mais détectables en rétro-éclairage ou au palpage.
2.3 - Abrasions externes
L’utilisation de brosses dures, de solvants abrasifs ou de nettoyants alcalins non adaptés peut supprimer les traitements de surface (coatings) essentiels à la glissance et à la résistance à la rayure.
3 - Traitements de surface et préservation
Les bouteilles industrielles sont généralement équipées de :
- traitement interne (souvent au SOx ou équivalent) pour la résistance chimique,
- traitement externe (polyéthylène, silanes ou équivalent) pour réduire les frottements et les agressions mécaniques.
Toute abrasion ou lavage agressif diminue l’efficacité de ces traitements et augmente les risques de rupture.
4 - Processus amont : déhoussage, dépalettisation, inspection
4.1 - Déhoussage
- Interdiction absolue de contact de la lame avec les bouteilles.
- Découpe exclusivement sur le rabat supérieur du coiffant.
- Retrait progressif pour éviter les chutes latérales.
4.2 - Dépalettisation
- Utiliser une pince de dépalettisation quand possible pour éviter glissements et impacts.
- Interdire la poussée manuelle de groupes de bouteilles.
- Rejeter immédiatement tout article suspect (chute, bruit d’impact, marque inhabituelle).
4.3 - Inspection
- Vérifier la conformité géométrique selon le plan technique : diamètre, hauteur, circularité, dimensions du goulot, zone d’appui capsule.
- Contrôle visuel systématique :
- bulles > 1 mm,
- pierres (inclusions),
- fissures de moule,
- tensions internes visibles au polarimètre (si équipement disponible).
- Conserver les étiquettes de palette dans l’ordre pour assurer la traçabilité par lot.
5 - Préparation avant conditionnement
Même lorsque les bouteilles sont livrées propres, un nettoyage interne reste indispensable.
5.1 - Rinçage ou soufflage
Objectifs :
- élimination de poussières,
- élimination de micro-fragments de carton ou plastique,
- suppression de contaminations particulaires (verre minuscule, abrasifs).
5.2 - Température
Il est recommandé d’équilibrer la température des bouteilles avant remplissage pour éviter :
- chocs thermiques,
- condensation excessive affectant l’étiquetage.
6 - Bouchage et tenue mécanique
Le bouchage représente l’un des points les plus critiques du process.
6.1 - Paramètres du sertissage
- force de sertissage,
- profondeur d’engagement,
- circularité du sertissage,
- absence de déformation du col.
Un mauvais sertissage peut entraîner :
- fuite de CO₂,
- surpression interne du fait d’une mauvaise libération du dégazage résiduel en cave,
- rupture du goulot.
6.2 - Compatibilité capsule / goulot
- Respect strict du diamètre nominal,
- Absence de bavure sur la bague,
- Vérification du profil de gorge du goulot.
7 - Habillage / Étiquetage
7.1 - Compatibilité adhésive
La colle ou l’adhésif doit être compatible avec une tension superficielle ≥ 38 dynes.
Toute modification de :
- colle,
- fournisseur,
- type d’étiquette,
oblige à un test d’adhésion sur la surface traitée.
7.2 - Zones étiquetables
Les surfaces aptes à l’étiquetage sont définies sur le plan.
Étiqueter hors zone peut provoquer :
- décollement,
- bullage,
- interférence avec les traitements de surface,
- mauvaise tenue en chaîne de conditionnement.
8 - Points avancés recommandés
8.1 - Analyse des défauts post-production
En cas de rupture, procéder à :
- une analyse fractographique (origine, propagation),
- la localisation du point d’amorce,
- la mesure de la profondeur de défaut initial.
8.2 - Lubrification des lignes
Une lubrification incorrecte augmente le frottement, donc les rayures.
Utiliser des lubrifiants compatibles avec les traitements de surface du verre.
8.3 - Contrôle des pressions en cave
Le contrôle de la température de fermentation / refermentation est essentiel : 1°C de variation peut modifier la pression interne de 0,2 à 0,3 bar selon la teneur en CO₂.
8.4 - Stockage des bouteilles pleines
Éviter :
- les zones à fort rayonnement solaire,
- les variations thermiques rapides,
- les vibrations prolongées.
Les différents paramètres pouvant influer sur la pression à l’intérieur des bouteilles
Importance du pourcentage de dégarni (espace de tête) et du niveau effectif de remplissage
- Détails
- Catégorie : Conseils et techniques
Cette première partie présente les Obligations et Mentions légales en matières d'étiquetages des Bouteilles de Bières.
Dans une seconde partie nous aborderons les autres points susceptibles d'améliorer vos étiquettes de bières et d'aider le consommateur à faire leur choix.
L'étiquetage des bouteilles de Bières se conforme au Code de la Consommation, les informations sur les étiquettes doivent être claires et compréhensibles, loyales et précises, pour ne pas induire en erreur le consommateur.
- Les Mentions Obligatoires des Bouteilles de Bière devant être visible
- Les Indications devant être présentes dans le même espace visuel
- Les Autres mentions et pictogrammes

Les Mentions Obligatoires devant être visible :
- Dénomation de la denrée - Décret 92-307 consolidé le 4 octobre 2017 :
1. La dénomination "bière" est réservée à la boisson obtenue par fermentation alcoolique d'un moût préparé à partir du malt de céréales, de matières premières issues de céréales, de sucres alimentaires et de houblon, de substances conférant de l'amertume provenant du houblon, d'eau potable. Le malt de céréales représente au moins 50 p. 100 du poids des matières amylacées ou sucrées mises en oeuvre. L'extrait sec représente au moins 2 p. 100 du poids du moût primitif.
Des herbes aromatiques ou des épices naturelles peuvent être ajoutées à la bière si l'adjonction de ces ingrédients ne confère pas au produit final de manière perceptible les caractéristiques aromatiques typiques de ces ingrédients. Les ingrédients ajoutés sont mentionnés dans l'étiquetage du produit.
2. La dénomination "bière de fermentation lactique" ou "Gueuze" est réservée à la bière qui fait l'objet d'une fermentation lactique au cours de son processus d'élaboration.
3. La dénomination "bière sans alcool" est réservée à la bière qui présente un titre alcoométrique acquis inférieur ou égal à 1,2 p. 100 en volume, à la suite d'une désalcoolisation ou d'un début de fermentation.
4. La dénomination "bière à ..." complétée par la nature de l'ingrédient mis en œuvre, est réservée à la bière élaborée par addition ou macération de matières végétales ou d'origine végétale ou de boissons alcoolisées ou de miel. Ces ingrédients ne doivent pas excéder 10 p. 100 du volume du produit fini. L'ajout de boissons alcoolisées ne peut entraîner une augmentation du titre alcoométrique acquis final supérieure à 0,5 p. 100 en volume
5. La dénomination "bière aromatisée à ..." est réservée à la bière aromatisée par des arômes définis à l'article 3 du règlement (CE) n° 1334/2008 du 16 décembre 2008.
6. La dénomination "panaché" est réservée à la boisson présentant un litre alcoométrique inférieur ou égal à 1,2 p. 100 en volume et exclusivement constituée d'un mélange de bière et de boisson gazeuse aromatisée sans alcool.
Article 2 - La mention " bière de garde " est réservée à la bière qui, après sa fermentation primaire, a subi une période de garde d'une durée de 21 jours minimum.
La mention " pur malt " est réservée à la bière obtenue par fermentation alcoolique d'un moût préparé uniquement à partir de malt de céréales.
- Quantité Nette :
quantité nette du produit exprimé en volume pour les liquides
- Degré alcoolémique :
le titre alcoométrique volumique acquis pour les boissons titrant plus de 1,2% d'alcool en volume
- Mode d'emploi :
lorsque son absence rendrait difficile un usage approprié de la bière
-
Pictogramme "Femmes Enceintes" :
peut être remplacé par une phrase d'information : "La consommation de boissons alcoolisées pendant la grossesse, même en faible quantité, peut avoir des conséquences graves sur la santé de l'enfant"
Les indications obligatoires suivantes doivent être présentes dans le même espace visuel :
- Allergènes éventuels :
Les ingrédients allergènes doivent être mis en relief
- Nom ou raison sociale et adresse de l'exploitant du secteur alimentaire (fabricant, embouteilleur) :
Il doit être situé dans l'Union Européenne, si le conditionnement est effectué par un prestataire, veuillez indiquer les coordonnées du centre d'emballage.
MAJ 2019 : Amendement L421-10 12/19 : "Le nom et l'adresse du producteur de bière sont indiqués en évidence sur l'étiquetage de manière à ne pas induire en erreur le consommateur quant à l'origine de la bière, d'une manière quelconque[...] Les mentions de l'étiquetage, y compris le nom commercial ne sauraient faire apparaitre un lieu différent du lieu de production réel de la bière"
- Pays d'origine ou lieu de provenance :
Si son omission est susceptible d'induire en erreur les consommateurs sur le pays d'origine ou le lieu de provenance réel de la bière.
- Numéro de lot :
Dénomination libre, sert à des fins de traçabilité
- la Date de durabilité minimale :
La mention choisie doit figurer en toutes lettres
Les Autres Mentions et Pictogrammes :
- Ingrédients :
Le règlement européen permet au secteur des boissons alcoolisées de ne pas faire figurer ces informations en dessous de 1,2% d'alcool. Pourtant il est préférable et utile de les mentionner aux consommateurs, la liste des ingrédients doit être complète et par ordre d'importance décroissante, y compris additifs et arômes, mais aussi CO2 alimentaire qui aurait pu être ajouté (ne concerne pas le CO2 récupéré de la fermentation, ni utilisé lors de l'embouteillage). N'oubliez pas non plus d'indiquer le type de houblon utilisé pour les consommateurs avertis.
-
Le logo Point Vert :
il permet d'être reconnue comme une entreprise soutenant le recyclage, il doit être apposé sur les emballages et/ou suremballages mis sur le marché français et concernés par les dispositions du Code de l'environnement (R 543-53 et suivants).
-
Logo Triman :
il signifie que le produit ou l'emballages peut et doit être trié (contrairement au Ruban de Möbius), les emballages en verre en sont dispensés
- Les Mentions réglementées
- Artisanal : loi n°96-603 du 5 juillet 1996, produit qui doit être fabriqué par un artisan, inscrit au Repertoire des Métiers et pépondant aux exigences de qualification professionnelle
- biologique : produits issus du mode de production biologique et certifiés par un organisme de contrôle agréé
- pur : terme limité à certains produits (pur jus)
- campagne, fermier, paysan : attention à la prise en compte du caractère fermier lié à l'exploitation agricole
- maison ou fait maison : le produit est préparé de manière non industrielle, sur le lieu de vente
- à l'ancienne, traditionnel : produit fabriqué selon des usages anciens répertoriés. Pas d'additifs
- naturel : produit non transformé, non traité, tel qu'on le trouve à l'état naturel
- du terroir : signifie l'utilisation de matières premières obtenues à partir de procédés de fabrication, issues d'une aire géographique restreinte. Privilégier l'origine géographique ou le terme fermier (existence d'un circuit intégré à la ferme, préparations devant être réalisées suivant des méthodes de production traditionnelles avec des ingrédients provenant principalement de l'exploitation).
A noter que la taille minimale des caractères est de 1,2 mm pour toutes les mentions obligatoires sauf le volume net.
Seconde Partie : Aider et Eduquer le Consommateur !
Source :
DGCCRF : Étiquetage des denrées alimentaires
Legifrance : Code de la Consommation
Brasseurs de France : Brasser et vendre une biere dans le respect de la reglementation de Muriel Slawyk
Eco Emballages : La charte graphique Point Vert
Eco Emballages : La sinalétique Triman
INPES : Zéro alcool pendant la grossesse : des messages sanitaires pour informer dés le 3 octobre 2007
DGCCRF - Tout savoir sur l'étiquetage des bières
Décret n°92-307 portant application de l'article L.412-1 du Code de la consommation en ce qui concerne les bières - Version consolidée au 04 octobre 2017
Décret no 2016-1531 du 15 novembre 2016 relatif à la composition et à l'étiquetage des produits brassicoles
Règlement (UE) n°1169/2011 du 25 octobre 2011 concernant l'information des consommateurs sur les denrées alimentaires
Loi n°96-603 du 5 juillet 1996 relative au développement du commerce et de l'artisanat (article 21-III de la loi)
Décret n° 98-247 du 2 avril 1998 relatif à la qualification artisanale et au répertoire des métiers
Modifications Octobre 2021



